«Un moment d’une importance historique»: Téhéran va présenter à l’ONU un projet régional de sécurité

Dénonçant la présence de «forces étrangères» dans le Golfe, l’Iran a annoncé la présentation à l’ONU d’un plan de coopération régionale, en tendant «la main de l’amitié et de la fraternité» aux autres pays de la région.

La région vit un «moment sensible et d’une importance historique» : dans une déclaration prononcée à l’ouverture d’un défilé militaire à Téhéran ce 22 septembre, le président iranien Hassan Rohani s’est longuement exprimé sur la crise que traverse le Golfe.

Il a ainsi vigoureusement réagi au nouveau déploiement de troupes américaines dans la région, annoncé par Washington deux jours plus tôt. Dénonçant la présence de «forces étrangères» ayant «toujours apporté douleur et malheur dans la région», Hassan Rohani a lancé a l’intention des Américains et de leurs alliés occidentaux : «Plus vous vous tiendrez éloignés de notre région, plus celle-ci connaîtra la sécurité.»

«De notre point de vue, la sécurité du golfe Persique vient de l’intérieur. La sécurité du golfe Persique est endogène, la sécurité du détroit d’Ormuz est endogène. Les forces étrangères sont source de problème et d’insécurité pour notre peuple et pour la région», a-t-il affirmé.

Une philosophie que le chef d’Etat a bien l’intention de mettre en œuvre politiquement. Tendant une nouvelle fois «la main de l’amitié et de la fraternité» aux autres pays riverains du Golfe, tout en s’affirmant prêt «à ne pas tenir compte des erreurs passées» vis-à-vis des pays de la région avec lesquels l’Iran a des différends, Hassan Rohani a ainsi annoncé qu’il comptait présenter «dans les prochains jours» à l’ONU, un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité du Golfe, du détroit d’Ormuz et de la mer d’Oman «avec l’aide des pays de la région». Le président iranien devrait prendre la parole au nom de l’Iran le 25 septembre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, et donc présenter son projet – dont il n’a pas dévoilé les contours – à cette occasion.

Téhéran est accusé par Washington et Riyad d’être derrière les attaques ayant visé deux installations pétrolières majeures en Arabie saoudite, le 14 septembre. L’Iran nie toute responsabilité dans ces raids menés par voie aérienne et revendiqués par des rebelles yéménites, ce qui n’a pas empêché le ministre de la Défense américain, Mark Esper, de dénoncer une «escalade spectaculaire de l’agression iranienne», et d’annoncer en conséquence le déploiement dans le Golfe de nouvelles forces américaines.

Après avoir évoqué la possibilité d’une riposte militaire, le président américain Donald Trump a quelque peu calmé le jeu, privilégiant la «retenue» et une «solution pacifique», tout en annonçant de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran.

Source: RT France

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