Dette, liquidité, inflation… Jacques Attali met en garde contre les « facteurs de désordre extrême »

Invité sur le plateau de Good Morning Business, l’ancien conseiller de François Mitterrand et désormais président de l’ONG Positive Planet est revenu sur les risques qui pèsent sur l’économie mondiale.

C’est désormais devenu une rengaine… Quand la crise économique va-t-elle finir par frapper le monde ? « Elle est là, la crise » juge Jacques Attali sur le plateau de Good Morning Business, ce mercredi. « Est-ce qu’elle aura lieu dans les trois semaines ou dans les deux ans ? Je n’en sais rien, mais elle est là », martèle-t-il.

Quelle pourrait, dès lors, être le facteur déclenchant ? « Cette crise, elle est dans l’excès de dette, publique et privée, qui rend impossible d’agir avec les mêmes instruments qu’avant » explique Jacques Attali. « Elle est dans la faillite des banques qui est là et qui est gérée comme elle peut, qui est liée aux bas taux d’intérêt. Elle est dans l’inflation, contenue aujourd’hui, et qui va finir par exploser par l’inondation d’agent qui est sur la planète ».

« Encore un instant, monsieur le bourreau »

Et de poursuivre : « Elle est dans les entreprises non cotées, hyper-endettées avec des risques extrêmes qui sont pris par les banques ou des fonds de placement qui ont besoin de rentabilité supérieure aux taux négatifs » assure-t-il. « Il y a là des facteurs de désordre extrême. »

Certains espèrent qu’on puisse encore retarder l’échéance. « On peut encore noyer la planète avec plein d’argent » critique Jacques Attali. « Le ‘encore un instant, monsieur le bourreau' » de Madame du Barry « peut s’appliquer » reconnait-il. « Mais enfin, le bourreau est quand même là. »

“Evidemment, elle est là la crise… Est-ce qu’elle aura lieu dans les 3 semaines ou dans les 2 ans, je n’en sais rien. Mais elle est là ! Cette crise, elle est dans l’excès de dette, publique et privée, qui rend impossible d’agir avec les mêmes instruments qu’avant. Elle est dans la faillite des banques qui est là et qui est gérée comme elle peut, qui est liée aux bas taux d’intérêt. Elle est dans l’inflation, contenue aujourd’hui, et qui va finir par exploser par l’inondation d’argent qui est sur la planète. Elle est dans les entreprises non cotées, hyper-endettées avec des risques extrêmes qui sont pris par les banques ou des fonds de placement qui ont besoin de rentabilité supérieure aux taux négatifs. On peut encore noyer la planète avec plein d’argent… Le “encore un instant, monsieur le bourreau peut s’appliquer”, m’enfin le bourreau est quand même là !”

Jacques Attali

Source: BFM Business