Katz confirme la signature d’un accord « historique » avec les Etats arabes

Le ministre des Affaires étrangères a dit avoir rencontré des diplomates du Golfe pour tenter de « mettre fin au conflit et permettre la coopération » jusqu’à un accord de paix.

Le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz a confirmé dimanche que des traités de non-agression avec plusieurs pays arabes étaient en cours d’élaboration, une démarche « historique » qui, selon lui, pourrait mettre un terme aux conflits subsistant entre Jérusalem et ces Etats.

Aucun détail n’a filtré sur les négociations mais Israël multiplie ces derniers temps les gestes en faveur d’une amélioration de ses relations avec les Etats du Golfe.

Les pays arabes ont historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d’une normalisation avec Israël. Cependant, après des décennies d’hostilité, ces derniers mois les lignes ont bougé: les Etats du Golfe, à l’exception du Qatar, sont désormais davantage préoccupés par ce qu’ils perçoivent comme une menace iranienne – une inquiétude qu’ils partagent avec Israël, pour qui Téhéran est la bête noire.

« J’ai récemment promu avec l’appui du Premier ministre une initiative diplomatique dont l’objectif est la signature ‘d’accords de non-agression’ avec les Etats arabes du Golfe », a écrit Katz sur Twitter.

« C’est une démarche historique qui mettra un terme aux conflits et permettra de mettre en place une coopération civile, jusqu’à la signature d’accords de paix », a-t-il dit, dans ce qui a paru être une reconnaissance tacite du fait qu’aucun Etat arabe ne souhaite établir des relations diplomatiques avec l’Etat juif tant qu’aucune solution ne sera amenée au conflit israélo-palestinien.

Katz a ensuite confirmé qu’il avait présenté son projet d’accord à plusieurs ministres des Affaires étrangères arabes au cours de sa visite à New York, la semaine dernière, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Il a déclaré avoir également évoqué la proposition avec l’envoyé spécial sortant pour le processus de paix de l’administration américaine, Jason Greenblatt, lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York fin septembre.

« Je continuerai à œuvrer à renforcer la place d’Israël dans la région et dans le monde », a-t-il promis.

Le tweet de Katz comprenait un lien vers un reportage diffusé par la Douzième chaîne, samedi soir, qui a révélé en premier l’existence de cette initiative potentiellement historique.

לאחרונה אני מקדם, בגיבוי רה״מ, יוזמה מדינית לחתימת ״הסכמי אי לוחמה״ עם מדינות המפרץ הערביות. מהלך הסטורי, שישים קץ לסכסוך ויאפשר שת״פ אזרחי עד לחתימת הסכמי שלום. בביקורי באו״ם הצגתי את התוכנית לשרי חוץ ערביים ולשליח האמריקאי גרינבלט. אמשיך לפעול לחיזוק מעמד ישראל באזור ובעולם. pic.twitter.com/cNwl60igEN

— ישראל כ”ץ Israel Katz (@Israel_katz) October 6, 2019

Le reportage télévisé, qui ne citait pas ses sources, affirmait que l’accord en cours devait fournir le cadre nécessaire à des relations bilatérales amicales et à une coopération dans une variété de secteurs, excluant toute guerre ou incitations, au moment où l’Etat juif et les Etats du Golfe doivent faire face à un Iran de plus en plus belliqueux.

Le 23 septembre, Katz avait écrit sur Twitter qu’il s’était entretenu avec un homologue – dont l’identité n’avait pas été révélée – issu d’un pays arabe avec lequel Israël n’entretient pas de relations officielles, clamant que les deux hommes avaient parlé des « moyens de prendre en charge la menace iranienne » et d’un processus de renforcement « de la coopération civile ».

Il avait ajouté que « nous avons discuté en profondeur des réalités régionales et des moyens de gérer la menace iranienne, tout en convenant d’un processus de promotion de la coopération civile entre nos deux pays. Une nouvelle réalité stimulante ».

Katz a accepté, au cours d’une « série de rencontres » avec des interlocuteurs arabes du Golfe à New York, d’établir des groupes de travail pour mener à bien la rédaction de ces pactes de non-agression, a ajouté le reportage.

Les clauses esquissées comprendraient des engagements à développer des « relations amicales et une coopération » conformément à la charte des Nations unies et au droit international ; à prévenir les hostilités et les incitations mutuelles et à éviter toute alliance militaire ou sécuritaire avec d’autres parties mettant en cause l’un ou l’autre des partenaires.

Parmi d’autres éléments, a indiqué le reportage, le texte prévoit de manière spécifique la coopération dans la lutte contre le terrorisme et la promotion des intérêts économiques.

Katz s’est rendu à l’Assemblée générale de l’ONU pour le compte du Premier ministre Benjamin Netanyahu, resté en Israël alors qu’il cherchait à négocier une coalition majoritaire.

Le Premier ministre avait prévu de se rendre au rassemblement des Nations unies et de rencontrer le président américain Donald Trump, qui a dit au début du mois dernier qu’il avait l’intention de débattre des termes d’un pacte de défense mutuel entre Israël et les Etats-Unis, en marge de l’événement.

Katz, qui est également ministre des Renseignements, a rencontré dans le passé des responsables arabes à au moins deux occasions. Début juillet, il a rencontré un responsable émirati, dont l’identité n’a pas été communiquée, au cours d’une visite réalisée dans la ville d’Abou Dhabi, dans le Golfe.

À la fin du même mois, il a diffusé une photographie prise aux côtés du ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Khalid bin Ahmed Al Khalifa, au cours d’un événement organisé par le département d’Etat américain à Washington.

Un cliché qui a été un exemple rare d’une exposition publique d’un haut-responsable arabe avec une personnalité israélienne.

Au mois de novembre 2018, Katz s’était rendu à Oman pour assister à une conférence internationale consacrée aux transports.

« Selon moi, la coopération entre Israël et les Etats du Golfe doit être élargie », avait-il dit à ce moment-là. « Israël a également beaucoup à offrir lorsqu’il s’agit de désalinisation de l’eau et d’irrigation, d’agriculture et de médecine. »

Dans son discours prononcé le mois dernier aux Nations unies, Katz a souligné qu’Israël « met en œuvre une politique claire d’expansion des liens du pays et de normalisation avec les Etats arabes du Golfe ».

« Nous n’avons aucun conflit avec les Etats du Golfe, et nous partageons des intérêts communs dans le secteur de la sécurité – contre la menace iranienne – ainsi que dans le développement d’un grand nombre d’initiatives civiles conjointes », avait-il clamé.

« Israël a des capacités dans de nombreux domaines et notamment dans le high-tech, l’innovation, l’agriculture et la technologie de l’eau. Des capacités qui peuvent aider les Etats du Golfe, alors que ceux-ci disposent également d’un grand nombre de capacités susceptibles de venir en aide à Israël », avait-il noté.

« J’espère que cette coopération entraînera la signature d’accords de paix entre nos pays, comme nous l’avons fait avec l’Egypte et la Jordanie », a-t-il ajouté.

Au mois d’août, Katz avait estimé que la signature d’accords de paix officiels avec les Etats sunnites du Golfe était une perspective réaliste d’ici quelques années.

Source: Times of Israël

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