Climat : le mouvement de Greta Thunberg est financé par de riches mécènes

Le Climate Emergency Fund, cofondé par des membres des familles Getty et Kennedy, soutient aussi le groupe radical Extinction Rebellion, qui pratique la désobéissance civile.

La couleur du mouvement international de lutte contre le réchauffement climatique est aussi verte que les dollars qui le financent. Largement soutenues et promues par la jeune activiste écologiste suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, les manifestations qui déferlent dans les grandes métropoles du monde depuis plusieurs mois sont en partie subventionnées par de richissimes personnalités, dont certaines appartiennent à d’illustres familles américaines. Une manne militante qui soutient des actions illégales et des groupes radicaux parfois violents.

Le Climate Emergency Fund (CEF), un fond qui finance la désobéissance civile pour le climat, a été lancé en juillet dernier par trois multimillionnaires pour arroser « des activistes disruptifs », dixit Trevor Neilson, un des co-fondateurs. « L’investissement le plus intelligent pour les philanthropes vise cette nouvelle génération de militants qui refusent d’accepter les excuses des adultes dont l’approche paresseuse face au climat nous mène dans le précipice, a-t-il ainsi confié au New York TimesL’ère du gradualisme dans l’activisme environnemental est terminée. »

Business, Malibu et feux de forêts

Trevor Neilson est le PDG de la société i(x) investments, co-fondée avec le petit-fils du financier milliardaire et 3e fortune mondiale, Warren E. Buffett. Il a aussi été directeur exécutif de la Global Business Coalition, une coalition de plus de 200 multinationales dédiée aux questions de santé et créée avec le fondateur de Microsoft Bill Gates, le financier George Soros et le fondateur de CNN Ted Turner. Ex-dirigeant de la Fondation Bill & Melinda Gates, Neilson a été nommé « Jeune leader global » par la Forum économique mondial et a servi à la Maison Blanche sous l’administration de Bill Clinton.

Très engagé dans la cause climatique, Trevor Neilson possède comme les autres richissimes cofondateurs du CEF, amis et déjà associés dans la philanthropie, une villa dans le très chic quartier de Malibu, à Los Angeles en Californie, menacé par des feux de forêts, l’an dernier. « Ces incendies nous ont permis de nous réveiller », a-t-il expliqué, sans rire. Le trio militant compte aussi Rory Kennedy, fille de l’ancien sénateur démocrate Robert Kennedy. « Nous manquons beaucoup de temps, nous devons aider les gens à comprendre que nous avons besoin d’un changement radical de direction », insiste-t-elle.

« Trump fait tellement de mal au climat »

Militante de gauche et réalisatrice de documentaires sociaux, la nièce de JFK est, comme ses associés, une fanatique de Greta Thunberg, dont elle salue l’action « extraordinaire » sur les réseaux sociaux. « J’aimerais être arrêtée pour mon engagement pour l’environnement ! », ose même celle qui fut arrêtée à 13 ans lors d’une manifestation anti-apartheid. Comme eux, elle déteste évidemment leprésident et « prédateur sexuel » Donald Trump et sa politique. « C’est horrible. Ça me déprime vraiment. Il fait tellement de mal au climat », déplore-t-elleavouant « ne pas avoir anticipé son élection ».

Tout aussi déconnecté, le troisième mécène du CEF porte un patronyme tout aussi célèbre. Aileen Getty, qui a déjà versé 600 000 dollars au groupe, est une des héritières de l’empire pétrolier du même nom ! Elle a préféré rediriger ses fonds philanthropiques, consacrés auparavant au soutien des SDF, à la recherche contre le sida et à la création d’espaces verts, vers le changement climatique. « Tant que nos énergies sont concentrées sur toutes ces autres questions, aussi pressantes soient-elles, nous ne nous consacrons pas à la question la plus urgente de toutes », justifie-t-elle.

Désobéissance civile et opérations illégales

Au total, plus d’un million de dollars ont été récoltés par le Climate Emergency Fund, dont 800 000 dollars ont été alloués sous forme de subventions, « pour catalyser des centaines, sinon des milliers, de nouveaux groupes militants climatiques », selon Trevor Neilson, qui se félicite que « les grèves d’étudiants menées par l’incroyable Greta Thunberg ont aussi attiré l’attention du monde ». Un de ces groupes, Extinction Rebellion (XR), actif à New York et Los Angeles, n’hésite pas d’ailleurs à défendre des positions radicales et des pratiques extrémistes.

XR est un mouvement écologiste international qui se livre à la désobéissance civile et réclame la fin des émissions carbonées en 2025 ainsi que la création d’une assemblée citoyenne sur le climat ! C’est sous la pression de ses blocages, en mai dernier, que le Parlement britannique a déclaré « l’urgence climatique » au moyen d’une motion du leader marxiste de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn. Une première mondiale. Ses activistes, qui s’enchaînent aussi aux grilles et s’abandonnent parfois au vandalisme, avaient alors occupé – illégalement – des quartiers entiers de Londres pendant plusieurs jours, une campagne qui a coûté plus de 8 millions d’euros aux contribuables britanniques.

Greta et XR main dans la main

Séduits par ces opérations coup de poing, qui ont vu plusieurs centaines d’« écowarriors » arrêtés, les argentiers du CEF ont promis 350 000 dollars à l’organisation, née en octobre 2018, pour poursuivre ses actions subversives. « Je crois comprendre que, sans surprise, certains riches sont suffisamment intelligents pour faire les calculs de base et réaliser que nous nous dirigeons vers l’extinction », a ainsi relevé Roger Hallam, co-fondateur de XR, pour qui la désobéissance civile pratiquée par son groupe « implique d’enfreindre la loi ».

Une désobéissance civile, revendiquée par Greta Thunberg elle-même, qui parle volontiers de « désobéissance climatique ». En juillet, la militante de 16 ans, récupérée par « le capitalisme vert » et dont le voilier qui l’a emmenée au sommet de l’Onu de New York était sponsorisé par le Yacht Club du paradis fiscal de Monaco, BMW et une banque suisse liée aux paradis fiscaux, posait en t-shirt « antifasciste » et révélait avoir prêté sa voix au nouveau single anti-réchauffement du groupe britannique The 1975, dont toutes les recettes seront reversées à… XR.

Les millions de George Soros

Comme les mécènes américains d’Extinction Rebellion, l’adolescente suédoise relaie leur propagande sur Internet et participe même à leurs manifestations : « Continuez, vous faites la différence », a-t-elle lancé à la foule, au cours d’un rassemblement à Londres, en avril dernier. Plus récemment, tous se sont retrouvés, en septembre, lors de la « grève mondiale pour le climat », inspirée par Greta Thunberg. Outre XR et le mouvement « Fridays for Future » initié par la jeune militante, y participaient 22 partenaires, qui ont reçu au moins 24,8 millions de dollars de la part du réseau Open Society du milliardaire philanthrope et progressiste George Soros, entre 2000 et 2017, selon l’organisme conservateur Media Research Center (l’Open Society a démenti avoir financé « l’activité » de la « courageuse » Greta Thunberg).

We stand in solidarity with brave youth climate activists advocating for immediate action on the global climate crisis. George Soros and the Open Society Foundations have not funded @gretathunberg’s work, nor is Mr. Soros her grandfather. https://t.co/umdOeuEJ9F

— Open Society Foundations (@OpenSociety) September 26, 2019

Parmi eux figure l’organisation 350.org, fondée par le militant écologiste Bill McKibben, membre du conseil consultatif du CEF. « Le monde ressemble maintenant à un petit terminal […]. Tout à coup, ce n’est pas le matin en Amérique, c’est le crépuscule sur Terre », s’alarmait-il dans une tribune apocalyptique, titrée « La dernière chance de la civilisation » et publiée en… 2008. Aujourd’hui, l’activiste proche de Hillary Clinton et partisan d’« une refonte radicale de la société américaine », le dit : « Personne ne devrait être choqué lorsque des militants d’Extinction Rebellion se lancent dans la désobéissance civile de masse. »

Des riches pour « changer la donne »

Pour amplifier le mouvement, le Climate Emergency Fund entend donc multiplier par cent le montant de ses levées de fonds auprès de riches donateurs dans les prochains mois. Pour financer notamment « les grèves scolaires contre le climat » de Greta Thunberg. L’implication de philanthropes fortunés pourrait en effet « changer la donne », espère Margaret Klein Salamon, aussi membre du conseil du CEF. « Ce moment nécessite des perturbations à grande échelle et une désobéissance civile non-violente pour imposer le changement de politique dont nous avons besoin », assume en tout cas le site du fonds, pour qui « notre planète est en péril ».

Les actions menées par Extinction Rebellion sont « nécessaires parce qu’il est évident que l’opinion n’est toujours pas suffisamment engagée », approuve Aileen Getty. La petite-fille de J. Paul Getty, autrefois homme le plus riche d’Amérique, espère surtout que d’autres « individus très fortunés » l’imiteront dans son engagement désintéressé. L’héritière de 62 ans, qui a mis en vente sa maison de Malibu pour 12 millions de dollars, vit désormais à New York dans une maison de cinq étages, achetée 19 millions et comprenant six chambres, cinq salles de bain, un penthouse et un jacuzzi. Et contrairement à Greta Thunberg, l’écologiste philanthrope « prend toujours l’avion ».

Source: Valeurs Actuelles

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