Offensive turque en Syrie. La France condamne et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU

La France condamne « très fermement » l’offensive turque lancée, mercredi 9 octobre, dans le nord de la Syrie et va saisir le Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin. Les ministres Jean-Yves Le Drian et Florence Parly estiment que l’opération doit « cesser ».

La réaction est intervenue quelques instants après le début de l’opération militaire turque en Syrie, ce mercredi. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement ce qui est rapporté », a indiqué la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

« Nous saisissons le Conseil de sécurité des Nations unies et cherchons la plus grande coalition (possible) pour apporter le sujet le plus rapidement en discussion » au niveau international, a ajouté la secrétaire d’État. La France a consulté ses partenaires européens pour « examiner toutes les options », dont la saisine du Conseil de sécurité, a-t-on ajouté, sans plus de précisions, au ministère des Affaires étrangères.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi le début d’une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais bête noire d’Ankara. Au moins deux civils ont déjà été tués et deux autres blessés dans les bombardements turcs qui ont visé un village à l’ouest de Ras al-Aïn, région frontalière du nord de la Syrie, a annoncé une alliance de combattants kurdes et arabes.

« Une faute morale, une faute politique »

La présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Marielle de Sarnez, a aussi « condamné » l’offensive turque, qui vise directement les Kurdes syriens, alliés des Occidentaux dans la lutte contre le groupe État islamique (EI). « C’est une violation du droit international, une violation des frontières », a déclaré Marielle de Sarnez. « L’action de la Turquie est une faute morale, une faute politique, qui met en cause la stabilisation du nord-est syrien, qui met en cause la sécurité de cette zone », a-t-elle ajouté. « Nous ne pouvons pas laisser faire », a-t-elle affirmé en appelant à une mobilisation de la communauté internationale.

Dans la soirée, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a « condamné l’opération unilatérale lancée par la Turquie en Syrie » dans un message posté sur son compte Twitter. Toujours sur le même réseau social, son homologue des Armées Florence Parly qualifié la manoeuvre turque de « dangereuse »« Dangereuse pour la sécurité des Kurdes. Dangereuse car elle est propice à Daech, contre qui nous nous battons depuis 5 ans. Elle doit cesser », a-t-elle écrit, confirmant la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, « qui se réunira demain (jeudi) ».

De son côté, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a immédiatement exigé l’arrêt de l’offensive lancée par la Turquie et averti qu’aucun financement européen ne serait accordé pour la « zone de sécurité » qu’Ankara souhaite instaurer dans le nord de la Syrie le long de la frontière avec la Turquie.

Mardi, le président français Emmanuel Macron avait rencontré la responsable kurde Ilham Ahmed. Il s’est dit « aux côtés des FDS (Forces démocratiques syriennes, N.D.L.R.), parce que ce sont des partenaires clés dans la lutte contre Daech (l’acronyme arabe du groupe djihadiste EI) ».

Source: Ouest-France