Brexit : samedi sous haute tension au Parlement britannique

Le Parlement est réuni ce samedi pour voter l’accord sur la sortie du Royaume-Uni négocié par Boris Johnson. Le Premier ministre devra se battre pour chaque voix, tant le vote s’annonce serré.

Tous les regards sont rivés ce samedi vers Westminster, où se déroule une séance exceptionnelle du Parlement britannique, la première à se dérouler un samedi depuis la guerre des Malouines il y a 37 ans.  Les députés sont réunis pour un vote historique afin de dire oui ou non à l’ accord négocié de haute lutte ce jeudi par Boris Johnson et l’Union européenne sur le Brexit.

Décidé à sortir son pays de l’Union européenne le 31 octobre, le Premier ministre britannique s’est dit « confiant » que ce « très bon accord » soit approuvé. Mais le dirigeant devra se battre pour chaque voix, tant le vote s’annonce serré ce samedi. Jeudi et vendredi, il a multiplié les coups de téléphone aux députés de tous les partis.

Une majorité de 320 voix

Les partis de l’opposition ont déjà prévenu qu’ils donneraient consigne de voter contre l’accord. Le Labour y voit un risque de détérioration des droits des travailleurs après le Brexit. Et le parti unioniste nord-irlandais maintient également son opposition. De quoi compliquer la tache du Premier ministre.

Selon le « Times », il compte sur 117 soutiens « tories » a priori indéfectibles puisque liés d’une manière ou d’une autre au gouvernement. S’y ajouteraient environ 150 députés conservateurs du rang qui souhaitent soutenir un deal. Un renfort est espéré auprès de 24 élus indépendants (dont une partie des 21 rebelles « Tories » récemment exclus pour avoir osé voter la loi anti- « no deal »).

Les 10 voix du DUP, le parti unioniste nord-irlandais allié au parti conservateur, permettraient à Boris Johnson d’atteindre 301 voix. Quelque 17 députés Labour ont indiqué qu’ils pourraient soutenir un accord. Et Boris Johnson pense pouvoir convaincre l’essentiel des 25 députés conservateurs jusqu’au boutistes qui ont toujours refusé de voter pour l’accord signé en novembre 2018 avec Bruxelles par Theresa May. Mais rien n’est assuré à ce stade.

Les scénarios possibles

Côté Union européenne, la majorité prône pour un accord rapide. « Le délai du 31 octobre doit être tenu », a déclaré Emmanuel Macron vendredi à l’issue d’un sommet à Bruxelles. « Je ne pense pas que de nouveaux délais doivent être accordés ».

Un rejet du nouvel accord par les députés britanniques samedi déclencherait cependant automatiquement l’obligation pour Boris Johnson de demander un report du Brexit à Bruxelles jusqu’au 31 janvier. La loi anti- « no deal » le lui impose en effet si aucun accord n’est conclu avec Bruxelles et endossé par Westminster avant le 19 octobre.

Cela l’obligerait certes à revenir sur sa promesse d’une sortie de l’UE avec ou sans accord au 31 octobre. Mais cela lui donnerait aussi le temps d’affronter les électeurs à l’occasion d’élections législatives anticipées, de tenter de reconstituer à cette occasion sa majorité parlementaire, puis de soumettre à nouveau aux députés l’accord conclu ce jeudi avec Bruxelles. Il aurait alors bien plus de chances de l’emporter.

Dans le cas ou le Parlement britannique reconnaîtrait finalement ce samedi l’accord négocié par Boris Johnson, le texte devra passer devant le Parlement européen avant le 31 octobre, date effective de ce divorce attendu autant que redouté.

Source: Les Echos