Après l’interdiction de Soros, la Hongrie bloque la tentative de l’UE de s’opposer à la décision pro-israélienne de Trump

Une tentative de l’Union européenne de publier une déclaration commune condamnant les États-Unis a été bloquée par la menace d’un veto hongrois. La déclaration visait à contrer une annonce faite lundi par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, rétablissant la politique selon laquelle les colonies de peuplement juives en Judée-Samarie ne sont pas contraires au droit international. 

Quelques heures plus tard, Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, a publié une déclaration réitérant la position de l’UE.

«La position de l’Union européenne sur la politique de colonisation israélienne dans le territoire palestinien occupé est claire et reste inchangée: toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et porte atteinte à la viabilité de la solution des deux États et aux perspectives d’instauration d’une paix durable, réaffirmées par Résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies. « 

«L’UE appelle Israël à mettre fin à toute activité de colonisation, conformément à ses obligations en tant que puissance occupante. L’UE continuera à soutenir la reprise d’un processus constructif en vue d’une solution négociée à deux États, le seul moyen réaliste et viable de répondre aux aspirations légitimes des deux parties. « 

Une source anonyme a confié au Times of Israel que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, avait chargé ses diplomates de s’opposer à toute déclaration de l’UE sur la légalité des colonies de peuplement. Le ministre hongrois des Affaires étrangères a clairement indiqué que son pays opposerait son veto à toute déclaration future.

Plusieurs pays européens, y compris des membres de l’UE, ont publié des déclarations réaffirmant leur opinion qu’il est illégal pour les Juifs de vivre en Judée-Samarie.

La position récente de la Hongrie contre la condamnation du soutien américain à Israël fait écho à leurs actions de décembre 2017 lorsqu’elle s’est jointe à la République tchèque pour s’opposer à une tentative de l’UE de condamner les États-Unis pour avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. 

La position hongroise est importante dans la mesure où les déclarations communes publiées au nom des 28 États membres de l’Union européenne requièrent un accord unanime de tous les États membres.

En mars, la Hongrie est devenue le premier État membre de l’UE à ouvrir une mission diplomatique dans la capitale israélienne, ce qui va à l’encontre de la position du bloc selon laquelle de telles missions empêchent de progresser sur la voie d’un accord de paix au Moyen-Orient.

Les mouvements politiques dans lesquels la Hongrie s’appuie sur l’administration Trump peuvent contenir des éléments personnels et religieux. Lorsque le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est rendu à la Maison-Blanche en mai, Trump l’a félicité.

« Vous avez été formidable avec les communautés chrétiennes », a-t-il déclaré à Orban. « Vous avez vraiment mis un bloc, et nous l’apprécions beaucoup. »

Comme Trump, la Hongrie a été très critiquée pour son refus d’autoriser les immigrants clandestins à traverser leurs frontières. 

C’est précisément cette politique qui est devenue un champ de bataille opposant le Premier ministre hongrois au milliardaire juif d’origine hongroise George Soros, empêché d’entrer en Hongrie. Orban affirme que Soros a tenté de mettre en œuvre un complot secret visant à inonder la Hongrie de migrants et à détruire leur pays. Un article de Politico publié en 2018 affirmait qu’une société de renseignement privée israélienne appelée Black Cube avait acquis des enregistrements utilisés par Orban pour discréditer des ONG hongroises et des personnes financées par Soros. Selon Orban, Soros travaillait à inonder son pays d’immigrants clandestins de pays arabes afin de déstabiliser son gouvernement.

« Le milliardaire financier commande une force quasi mercenaire d’au moins 2 000 personnes, chargée de réaliser trois objectifs: faire tomber le gouvernement du Premier ministre Orban, démanteler la barrière de la frontière et promouvoir l’immigration en Hongrie », a déclaré un représentant d’Orban.

Ce n’est un secret pour personne que Soros a fondé l’ Open Society Foundations (OSF) avec une dotation de 20 milliards de dollars. OSF a été critiqué pour avoir permis l’immigration illégale dans plusieurs pays. D’après NGO Monitor, OSF « contribue de manière significative aux campagnes anti-Israël ». 

En 2017, l’ambassadeur israélien en Hongrie a publié un communiqué dans lequel il critiquait une campagne publicitaire d’Orban accusant Soros de s’immiscer dans les élections hongroises. Le ministère israélien des Affaires étrangères a révisé cette déclaration, justifiant les critiques de Soros par Orban.

« En aucun cas, la déclaration (de l’ambassadeur) ne visait à délégitimer la critique de George Soros, qui mine constamment les gouvernements élus démocratiquement par Israël », a lu un communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. Il a souligné le travail d’organisations financées par Soros «qui diffament l’État juif et cherchent à lui dénier le droit de se défendre».

Source: Breaking Israël News

Traduit par: SENTINELLE SAPS