La course officielle pour le successeur de Merkel a commencé

L’avenir de la direction de l’Allemagne n’a jamais semblé aussi incertain.

Il n’y a actuellement aucun sujet aussi fortement discuté en Allemagne que la question de savoir qui remplacera la chancelière Angela Merkel. Des élections sont prévues pour 2021, mais les récents événements ont chauffé le débat. Les médias et les politiciens allemands sont perplexes et craignent même un effondrement complet du gouvernement pour des années à venir.

« Annegret Kramp-Karrenbauer se voyait déjà comme la prochaine chancelière », écrit Die Welt à propos de la dirigeante de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). « Mais après trois élections perdues à l’Est, il n’est plus certain que la CDU permettra à sa présidente de se porter candidate [pour chancelière]. Une décision préliminaire sera-t-elle prise ce mois-ci ? » (3 novembre ; traduction de la Trompette tout au long).

Kramp-Karrenbauer a perdu la faveur non seulement du peuple et de son parti, mais aussi de la chancelière Merkel. Elle était autrefois considérée comme la candidate préférée de Merkel. Mais dans un effort pour plaire à ses adversaires, Kramp-Karrenbauer a non seulement échoué à gagner des électeurs, mais a également perdu la confiance de Merkel.

En tant que chef du parti, Kramp-Karrenbauer serait le candidat chancelier présumé à la CDU. Mais son soutien au sein du parti devient si mince que ses adversaires sont libres de la défier.

Suite à la défaite drastique de la CDU lors de l’élection de l’État de Thuringe, des collègues du parti ont sérieusement contesté ses qualifications pour diriger le parti. En réponse, Kramp-Karrenbauer a été obligée d’ouvrir la course pour permettre à d’autres candidats de la défier prématurément. Der Spiegel a rapporté :

Elle estime que la CDU n’a pas besoin de choisir un candidat à la chancellerie avant 2020. Mais : « Quiconque pense que cette question doit être réglée cet automne aura la possibilité de le faire au Congrès du parti fédéral ».

Ainsi, la présidente elle-même a déclaré que la lutte pour le pouvoir au sein de la CDU était ouverte. Depuis lors, il semblait que les nerfs de Kramp-Karrenbauer la retenaient dans ses fonctions. En situation de crise, quand elle est attaquée directement, elle maintient la paix. Il est fort peu probable qu’un de ses rivaux ose la défier ouvertement lors du congrès du parti à Leipzig, à la fin du mois de novembre.

D’autre part, la dynamique de telles réunions est imprévisible. Et quelle est la force d’un chef de parti qui ne peut occuper un poste qu’avec des menaces désespérées ?

Le récent conflit montre que l’urgence de l’Allemagne de trouver un nouveau dirigeant a atteint un nouveau niveau. À moins que la CDU ne trouve un dirigeant capable de reconquérir des millions d’électeurs perdus, le parti menace de se désintégrer. Cela aurait des conséquences fatales pour toute l’Allemagne. Dans presque aucune autre époque de l’histoire, l’Allemagne avait si désespérément besoin d’un leadership fort, et pourtant, manquait de candidats compétents.

Au milieu de la discussion, l’ancien ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, a formulé les exigences auxquelles doit répondre le prochain chef. Dans une interview avec Ian Bremmer, publiée en ligne le 28 octobre, il a déclaré :

Le prochain dirigeant allemand doit absolument être quelqu’un qui intervient et explique au public européen comment il souhaite voir l’Europe façonnée à l’avenir… Le prochain dirigeant allemand doit indiquer très clairement dans quelle direction nous devons tourner pour arriver à un meilleur avenir germano-européen.

Sans surprise, les exigences énoncées par Guttenberg correspondent à ce qu’il est capable de faire. Il n’y a pratiquement personne en Allemagne qui ait le soutien, l’expérience ou le courage de remplir ce poste.

Bremmer a déclaré que certains pensaient que Guttenberg « pourrait un jour remplir les chaussures de Merkel ». Focus Online a rapporté l’an dernier que ses confidents confirmaient tous que Guttenberg attendait simplement le bon moment pour commencer son retour. À la Trompette, nous croyons que cela est vrai.

Source: La Trompette