Escalade en Irak : le pétrole grimpe, les Bourses mondiales se crispent

Les cours du pétrole flambaient vendredi dans la foulée de la mort du haut dignitaire iranien lors d’un raid américain à Bagdad

Les cours du pétrole flambaient vendredi dans la foulée de la mort d’un haut dignitaire iranien lors d’un raid américain à Bagdad, un assassinat ciblé ravivant les craintes d’une confrontation violente entre les deux pays qui inquiète les Bourses mondiales.

Vers 15H45 (14H45 GMT), le cours du WTI, référence américaine du brut prenait 3,71 % et celui du Brent, référence européenne, grimpait de 3,83 %.

La frappe, qui a suscité des réactions inquiètes dans le monde, a été ordonnée par le président américain Donald Trump après une attaque contre l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad, mardi.

« Le marché prend la menace d’une escalade militaire au sérieux, en particulier parce que l’administration Trump est imprévisible dans ses actions », explique à l’AFP John Hall, du cabinet Alfa Energy.

Et l’Iran a d’ores et déjà promis de prendre sa « revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre ».

« L’Iran pourrait bloquer le détroit d’Ormuz, s’emparer des pétroliers ou même les attaquer. Bien entendu, de telles actions susciteraient une réaction rapide de la part de pays tiers et cela pourrait mener à une guerre totale au Moyen-Orient », craint Réda Aboutika, analyste pour le courtier en ligne XTB.

Ce bond des prix du pétrole intervient par ailleurs dans un contexte de réduction de la production des pays de l’Opep, décidée en décembre.

Wall Street dans le rouge

Logiquement, du côté des valeurs, les titres des sociétés pétrolières faisaient partie des rares gagnantes du jour.

À Paris, Total prenait 0,93 % et TechnipFMC 1,98 %. Shell grimpait aussi, tant à Londres (+1,51 %) qu’à Amsterdam (+1,36 %).

Les Bourses mondiales faisaient grise mine à l’image de Wall Street où le Dow Jones (-1,25 %) comme le Nasdaq (-1,27 %) ont ouvert en nette baisse.

Les places boursières européennes, déjà en recul vendredi matin n’ont cependant pas trop accentué leurs pertes au cours de la journée.

Vers 15H55 (14H55 GMT), la Bourse de Paris résistait plutôt bien (-0,10 %) et le FTSE-100 à Londres était même timidement dans le vert (+0,07 %).

En revanche, la bourse de Francfort perdait beaucoup de terrain (-1,28 %) et celle de Milan reculait de 0,44 %.

« La nouvelle selon laquelle le président Trump a ordonné la frappe qui a tué le général iranien renforce les inquiétudes sur un conflit au Moyen-Orient », note Samuel Springett, analyste chez Accendo Markets.

Pour le premier ministre irakien démissionnaire Adel Abdel Mahdi, cet assassinat ciblé va même « enclencher une guerre dévastatrice en Irak ».

Du côté des marchés asiatiques, Hong Kong (-0,32 %) et Shenzhen (-0,05 %) ont fini en baisse et Shanghai a terminé sur une hausse très modérée (+0,27 %). Tokyo, fermé pour les festivités du Nouvel-an, ne rouvre que lundi.

L’once d’or jouait quant à elle son rôle de valeur refuge et montait nettement à 1.548,95 euros contre 1.529,13 euros la veille. Le yen progressait également pour les mêmes raisons, de 0,43 % contre le dollar et de 0,55 % contre l’euro.

La devise japonaise, qui s’apprécie en période d’incertitudes, est « le grand gagnant » de l’accroissement des tensions géopolitiques, a expliqué Kit Juckes, analyste pour Société Générale.

Source: Times of Israël