Volcan Taal : une éruption attendue et redoutée

Petit par la taille, mais costaud lors de ces éruptions : le volcan philippin Taal, qui s’est réveillé dimanche, est considéré comme l’un des plus dangereux du monde. Sa dernière phase éruptive avait duré de 1965 à 1977.

L’éruption du volcan Taal, à une soixantaine de kilomètres de Manille, la capitale des Philippines, était attendue. Cela faisait des années que les volcanologues anticipaient son réveil et plus le temps passait, plus il risquait d’être violent.

Taal, situé au sud de l’île de Luçon, est entré en phase d’”activité intense” dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 janvier, a indiqué le Philippine Institute of Volcanology and Seismology (Phivolcs). Au moins 20 000 habitants des villages voisins ont trouvé refuge dans les centres d’évacuation mis en place par les autorités. Des nuages de cendres se sont propagés jusqu’à 100 km au nord, entraînant la fermeture temporaire de l’aéroport de Manille.

Éruptions tous les 30 à 35 ans

Et ce n’est qu’un début. Le Phivolcs a mis en garde contre les éruptions à venir et a réitéré l’importance d’évacuer tous les résidents qui se trouvent dans un rayon d’au moins 14 km autour du volcan. Sa période d’activité peut “durer des semaines, des mois, voire des années”, explique Jacques Zlotnicki, directeur de recherche au laboratoire Magmas et Volcans du CNRS, contacté par France 24. Ce chercheur, qui a travaillé sur le volcan Taal, rappelle que lors de son dernier réveil, il est resté en éruption de 1965 à 1977, redessinant en profondeur le paysage autour de la montagne.

Si les volcanologues attendaient un nouvel épisode éruptif, c’est parce que Taal commençait à être en retard sur ses habitudes. Il se réveille environ tous les 30 à 35 ans, et cela faisait donc plus de quarante ans qu’il n’avait pas fait parler de lui. Un retard qui n’augure rien de bon car, “plus les périodes inter-crises sont longues, plus les éruptions risquent d’être violentes et destructrices”, souligne Jacques Zlotnicki.

Ce qui, dans le cas de Taal, peut engendrer d’importants dégâts. Petit par la taille (il culmine à 311 mètres d’altitude) il fait, cependant, partie du cercle très restreint des “volcans de la décennie”, une famille de 16 volcans (sur 1 500 potentiellement actifs) qui font l’objet d’une attention toute particulière à cause de leur activité passée, de leur potentiel destructeur et de leur proximité d’une zone peuplée. Environ 450 000 personnes habitent dans les environs du volcan Taal, d’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des nations unies (ONU).

Cocktail explosif

Depuis la fin du XVIe siècle, il y a eu au moins 33 éruptions recensées de Taal, qui ont causé la mort de plus de 1 500 personnes. Un lourd passif qui en fait le volcan le plus meurtrier des Philippines.

La virulence de ses éruptions tient à un cocktail particulièrement explosif qui fait sa particularité. “Il y a deux lacs – l’un dans le cratère et l’autre qui enserre le volcan -, et lorsque l’eau passe à travers les failles de la roche, elle peut très vite entrer en contact avec une source de forte chaleur car les magmas se trouvent à faible profondeur, ce qui peut rapidement entraîner des phénomènes violents”, explique Jacques Zlotnicki.

Dans le cas de Taal, ce sont les nuées ardentes qui sont à craindre. Il s’agit, en effet, d’un volcan explosif, c’est-à-dire qu’il rejette d’importantes quantités de cendres dans l’atmosphère qui, en retombant, forment des nuages toxiques, composés de gaz brûlant et de débris de lave, qui peuvent se déplacer à très vive allure en causant d’importants dégâts. “En 1965, les nuées ardentes se sont déplacées à  plus de 100 km/h sur des dizaines de kilomètres, détruisant tout sur leur passage”, rappelle le chercheur français. Dans une étude consacrée à l’activité volcanique de Taal à la moitié des années 2000, Jacques Zlotnicki estimait qu’une éruption de grande ampleur de ce volcan pourrait entraîner l’évacuation d’environ 100 000 personnes.

Source: France 24

Un orage volcanique spectaculaire accompagne l’éruption du Taal aux Philippines

Un phénomène naturel très rare, baptisé «orage volcanique», a été observé le 12 janvier au cours de l’éruption du volcan Taal, non loin de Manille (Philippines).

Entré en activité dimanche 12 janvier, le volcan philippin Taal a émis une importante colonne de cendres, illuminée par des dizaines d’éclairs. Plusieurs vidéos, dont certaines en accéléré, ont été mise en ligne.

La nature de ce phénomène d’une beauté rare intrigue toujours les scientifiques. Selon l’une des hypothèses, des décharges électriques sont provoquées par le frottement des particules de cendre et de poussière. Une autre stipule que ces éclairs sont dus à l’ionisation des gaz, induite par la radioactivité naturelle du radon émis par le volcan.

Risque d’éruption explosive

Située dans le sud de l’île de Luçon, à 65 km de Manille, le volcan s’est réveillé dimanche 12 janvier. Accompagné d’une série de séismes, l’éruption a débuté par une explosion de vapeur d’eau sous pression et de roches, avec un panache de 15 kilomètres de haut. Lundi 13 au matin, l’Institut de volcanologie et sismologie des Philippines (Phivolcs) a constaté des «fontaines» sur  le volcan.

Les autorités ont également relevé l’alerte, dimanche, au deuxième niveau le plus élevé en raison d’un risque d’éruption explosive, qui pourrait se produire dans les prochains jours ou même dans les prochaines heures.

Le Taal, l’un des volcans les plus actifs des Philippines, est entré plus de 30 fois en éruption au cours des cinq derniers siècles. La dernière fois, il s’est réveillé en 1977. Une éruption de 1754 a duré quelques mois et celle de 1911 a tué 1.500 personnes.

L’actuelle a déjà entraîné l’évacuation de plus de 24.000 personnes de la zone proche du volcan, ainsi que l’annulation d’environ 240 vols à l’aéroport international Ninoy Aquino.

Source: Sputnik News