La loi de l’Amour

À travers les écrits de l’apôtre Paul, Dieu nous dit qu’il ne nous demande pas d’observer la loi parce que la justice vient de la foi. Mais, comme nous venons de le lire dans Romains 8 : 4, Paul dit aussi : « … afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. » Ainsi, il ne nous est pas demandé d’observer la loi, mais il nous est demandé à accomplir « la justice de la loi. »

Pour mieux comprendre cette vérité et pour voir son rapport direct avec le principe de s’aimer les uns les autres, regardons les mots grecs originaux traduits par « juste » ou « justice ». Paul utilise le terme dikaiosyne pour « justice » et dikaioma pour « juste ». Dikaiosyne est en quelque sorte un concept général, alors que dikaioma est le résultat spécifique. Le mot dikaioma est utilisé dans Apocalypse 19 : 8 quand il est dit : « Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. »

Ainsi, le mot que Paul utilise dans Romains 8 : 4, dikaioma, signifie la justice en action, la justice mise en œuvre, la justice rendue concrète. C’est la mise en œuvre pratique de la loi qu’il nous est demandé d’observer plutôt que la lettre du commandement. Maintenant que nous comprenons cette distinction, lisons notre passage clé encore une fois :

« Car-chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. » (Romains 8 : 3-4)

La première étape vers le réveil

Nous comprenons qu’il ne nous est pas demandé de garder la loi de Moïse, mais d’accomplir la justice de la loi. Cela nous conduit à une question dont la réponse est essentielle pour tout chrétien. Quel est le juste accomplissement de la loi ? (Que devons-nous exactement accomplir ?)

La réponse à cette question, est le premier point à comprendre et la première étape vers le réveil : l’amour. L’amour est la juste demande de la loi. L’amour, voilà ce que nous devons observer. Explorons davantage ce que l’écriture a à dire à propos de cette merveilleuse vérité !

Ce que nous avons appris sur la juste demande de la loi doit faire voler en éclats toute notion préconçue légaliste que nous aurions pu avoir de la signification de la justice. La justice ne signifie pas obéir à une série de règles. Cela ne signifie pas suivre « la loi ». C’est la mise en œuvre de l’amour.

Nous ne pouvons pas sous-estimer l’impact que l’enseignement de Jésus, sur la loi de l’amour en opposition avec la loi de Moïse, avait sur ses disciples. Cela changeait tout pour eux, leur religion, leur culture, leur monde même. Leur style de vie et leur vision transformés constituait le « réveil » originel, et c’est exactement ce dont nous avons désespérément besoin aujourd’hui.

Deux grands commandements

Pour illustrer les effets révolutionnaires de cette distinction, regardons une conversation dans le livre de Matthieu entre Jésus et un docteur de la loi de Moïse. La plupart des dirigeants religieux de cette époque qui s’engageaient dans une discussion avec Jésus ne cherchaient pas la vérité. Ils essayaient plutôt de « piéger » Jésus afin de le discréditer.

« Et l’un d’eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l’éprouver : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22 : 35-39)

Remarquez que Jésus n’a pas nuancé sa réponse. Il n’a pas non plus fait de compromis. Il était absolument clair. Les deux grands commandements consistent à aimer le Seigneur ton Dieu et d’aimer ton prochain comme toi-même.

Déjà en place

Dans sa conversation avec le docteur de la loi, Jésus continue en disant :

« De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22 : 40)

« La loi et les prophètes » auxquelles Jésus fait référence représentent ce que nous appelons l’Ancien Testament. Ainsi, ce que Jésus dit à cet enseignant de la loi, qui ne lui pose une question que pour le tester, était révolutionnaire. Jésus résume tout l’esprit de l’Ancien Testament, la loi et les prophètes, ainsi que les Écritures, en deux simples commandements.

Laissez-moi vous donner un exemple de ce résumé. Supposons que je parle à un grand auditoire, et que je décide d’enlever ma veste et de l’accrocher au mur derrière moi. En considérant cette illustration, un simple fait émerge : le crochet aura dû être mis en place sur le mur avant pour que je puisse y accrocher ma veste. Il en va de même avec ce que Jésus dit au docteur de la loi. Toute la loi et les prophètes tiennent dans ces deux commandements parce qu’ils étaient déjà en place. Ainsi, les premiers commandements qui existaient avant la loi et les prophètes sont les deux grands commandements cités par Jésus : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même.

La dette de l’amour

Ensuite, regardons un passage sur l’amour et la loi dans Romains 13. Paul commence ce passage par une affirmation relativement forte : « Ne devez rien à personne. » (verset 8) Autrement dit, n’ayez pas de dette. C’est toujours un bon conseil, mais Paul ne parle pas ici de dette financière. Lisons le passage dans son intégralité :

« Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. » (Romains 13 : 8-10)

Le voici : l’amour est la juste demande de la loi, « l’amour est donc l’accomplissement de la loi. » Nous pourrions revoir de nombreux autres passages sur le même thème, mais regardons Galates 5 : 14, où Paul le dit très clairement.

« Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Remarquez que toute la loi est accomplie dans un mot essentiel. Quel est ce mot ? L’amour.

Un nouveau commandement

Quand Jésus était dans la chambre haute avec ses disciples le soir du dernier repas, il leur a parlé de l’établissement d’une nouvelle alliance. Jusqu’à cet instant, l’ancienne alliance, la loi, les prophètes et les Écritures, avaient été le socle et l’essence de leur foi, et tout ce qu’ils connaissaient de Dieu. Pourtant, toute cette mentalité change avec ces paroles de Jésus dans Jean 13 : 34 :

« Je vous donne un commandement nouveau… »

Les disciples savaient que Moïse leur avait donné les dix commandements, ainsi qu’un certain nombre de règles. Aujourd’hui encore, le judaïsme a 613 commandements basés sur le Pentateuque ou les cinq premiers livres de l’Ancien Testament. Pourtant Jésus dit en effet : « Je ne vous donne qu’un commandement nouveau. C’est tout. Si vous voulez l’accomplir, c’est tout ce que je vous demande. » Quel est cet unique commandement ? Nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés.

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13 : 34)

Jésus continue :

« À cela tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (verset 35)

L’évangélisation de l’amour

Durant les années de mon ministère, j’ai eu le privilège de travailler avec différentes organisations évangéliques dont beaucoup avaient une vision puissante pour l’évangélisation que je partageais. J’ai évangélisé de beaucoup de manières, en différents lieux et à beaucoup de gens. Mais je reconnaissais ce fait : aucun évangéliste ni aucun programme d’évangélisation ne pourra jamais atteindre toute la race humaine. Il n’y a qu’une seule force qui peut faire cela :

« À cela tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

C’est l’amour des chrétiens les uns pour les autres qui va atteindre le monde entier avec l’évangile de Jésus-Christ.

Le but est l’amour

Un de mes versets préférés est 1 Timothée 1 : 5-6 :

« Le but de cette injonction, c’est l’amour qui vient d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sans hypocrisie. » (NBS)

« Le but de cette injonction, c’est l’amour... » Paul donne trois conditions pour avoir ce genre d’amour universel : « un cœur pur », « une bonne conscience » et « une foi sans hypocrisie ».

Quand j’ai récemment relu ce verset, cela m’a conduit à m’arrêter et à réfléchir. Bien que j’aie été prédicateur durant au moins cinquante ans, je me suis demandé : « Quel a été le but de mon instruction ? Qu’est-ce que je visais à produire chez les gens qui écoutaient mon enseignement ? » En considérant l’exhortation de Paul disant que le but de l’instruction biblique doit être de produire l’amour chez les gens, j’ai dû admettre que j’avais souvent échoué.

Si vous avez une position de dirigeant dans l’église ou que vous êtes actif dans le ministère de quelque façon que ce soit, peut-être en tant que prédicateur, enseignant biblique, ou moniteur d’école du dimanche, j’aimerais vous poser les mêmes questions : « Quel est le but de votre instruction ? Que visez-vous à produire chez les gens qui écoutent votre enseignement ? »

Si vous ne visez pas à produire l’amour, vous ratez le but. Paul dit que tout ce qui n’est pas de l’amour sont des « discours futiles ». (1 Timothée 1 : 6) ou comme le traduit la version NEG « vains discours ». C’est une pensée qui donne à réfléchir. Je pense que beaucoup d’activités de l’église aujourd’hui vont dans la mauvaise direction. Pourquoi ? Parce qu’elles ne visent pas à produire la seule qualité qui doit être notre objectif.

Des mots creux et du temps perdu

Nous savons que la juste demande de la loi est résumée par le mot amour. Pourtant, si vous demandiez à des non-chrétiens dans ce pays ce qu’ils pensent de l’attitude des chrétiens les uns envers les autres, peu de gens répondraient ‘l’amour’. Les inconvertis à bien des égards sont plus observateurs que ceux qui sont sauvés. Nous sommes tellement habitués à la culture religieuse que nous appelons chrétienté que nous pensons que nous obéissons correctement à Dieu. Nous disons : « On a toujours fait comme cela. Pourquoi devrait-on faire autrement ? »

Mais j’aimerais que vous considériez attentivement la question de près. Combien de temps est gâché dans les églises parce que nous ne produisons pas la caractéristique qui nous est demandée ? Je me pose d’abord cette question à moi-même en tant qu’enseignant de la parole de Dieu. Si je ne produis pas de l’amour chez les gens qui suivent mon ministère, qui écoutent mes messages à la radio, ou qui lisent mes livres, ce sont de « vains discours » ou des discussions stériles, des mots creux et du temps perdu. C’est une considération choquante.

La seule réponse pour chacun d’entre nous est de chercher à l’avoir en nous et le produire chez les autres « Le but du commandement, c’est une charité venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sincère. » (1 Timothée 1 : 5)

Derek Prince

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