Le marché du pétrole se noie dans sa propre production

La chute brutale de la demande mondiale transforme le stockage des hydrocarbures en problème urgent.

La guerre entamée entre l’Arabie saoudite et la Russie associée à l’émergence de la pandémie de Covid-19 auront peut-être la peau d’un marché du pétrole que l’on savait déjà mal en point.

L’Agence internationale de l’énergie estime que la contraction de la demande au niveau mondial pourrait atteindre 20%. Bloomberg rapporte que l’un des enjeux les plus pressants pour les producteurs est le stockage de leurs hydrocarbures, dont le cours a chuté à son plus bas niveau depuis dix-sept ans.

L’offre dépasse à ce point les besoins que les réservoirs viennent à manquer sur la terre ferme et qu’il est fait appel à des supertankers, immobilisés par la paralysie globale, pour accueillir une partie du surplus.

Malgré cette extension navale, les capacités de stockage seront dépassées d’ici deux à trois mois. Le problème est encore plus criant pour les entreprises dont les exploitations n’ont aucun accès à la mer ou à un quelconque pipeline.

Moins cher que du papier toilette

Selon un autre article de Bloomberg, le coût du transport du Western Canadian Select, produit de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et considéré par beaucoup comme désastreux pour l’environnement et pour les communautés autochtones, dépasse désormais son prix de vente.

Son cours a chuté sous la barre des 5 dollars [4,5 euros]: un baril de bitume canadien revient aujourd’hui moins cher qu’un cappuccino élaboré chez Starbucks ou qu’un paquet de papier toilette.

Quant au boom du fracking aux États-Unis, qui a fait du pays un surprenant nouveau leader mondial de la production d’hydrocarbures, il prend des airs de très coûteux château de cartes qui, sous les récentes pressions, menace plus que jamais de s’effondrer.

Il y a quelques semaines, Bloomberg évoquait l’étrange possibilité de voir le pétrole être vendu à un prix négatif, de la même manière qu’il existe des taux d’intérêt négatifs. Ce point de rupture approchant beaucoup plus vite qu’envisagé, le marasme actuel est peut-être le moment idéal pour accélérer la transition vers un futur énergétique moins fossile.

Source: Korii

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