L’Allemagne et la France mène le Fonds de relance européen

L’Europe utilise la crise actuelle pour devenir plus centralisée.

L’Allemagne et la France ont proposé le 18 mai un fonds de relance de 500 milliards d’euros (549 milliards de dollars américains) pour aider la zone euro à faire face au coronavirus. Il proviendrait de la dette émise par la Commission européenne et s’ajoute aux 540 milliards d’euros convenus en avril.

Si l’accord réussit tel que proposé, ce serait un grand pas en avant pour l’intégration. Même si ce n’est pas le cas, cela montre que l’Allemagne est plus disposée que jamais à prendre la tête de l’économie.

La proposition verrait l’Union européenne emprunter de l’argent sur les marchés financiers. L’argent serait ensuite remis aux pays et aux entreprises dans le besoin. Cet argent viendrait sous forme de subventions, et non des prêts—un écart significatif pour l’UE. Tous les États membres, riches comme pauvres, devraient alors couvrir les dépenses par le biais du budget de l’UE. Le remboursement de ce prêt est estimé à prendre fin en 2060.

Les pays du Nord, plus riches et plus économes, devront payer pour les pays du Sud, plus pauvres et criblés de dettes. Cet accord renforce les querelles et les préjugés existants ; depuis 2008, de nombreux pays riches du nord de l’Europe sont venus à considérer leurs voisins en difficulté dans le sud comme paresseux et irresponsables.

Avant que le fonds ne soit adopté, les 27 États membres doivent l’approuver. Jusqu’à présent, cela ne s’est pas produit. Le résultat final est encore inconnu ; les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark travaillent actuellement sur une contre-proposition. L’Allemagne et la France peuvent se battre pour sauver l’accord, ou autoriser son édulcoration. Même s’il entre en vigueur, l’argent n’arrivera pas avant un an.

Malgré cela, le nouveau fonds marque un changement important pour la zone euro.

À ce stade, l’Allemagne a rejeté l’utilisation de ressources financières à l’échelle de l’UE pour aider les États membres. Elle a récemment fait la une des journaux pour avoir refusé d’émettre des « euro-obligations », également appelés « corona bonds » [obligations corona], qui auraient financé la reprise en combinant des titres de créance des divers membres de l’UE. Mais cela était impopulaire auprès des contribuables du Nord parce que cela les accablerait afin d’aider les nations moins frugales.

En prenant la tête d’un fonds de relance à l’échelle de l’UE, l’Allemagne modifie cette position. C’est la première fois qu’elle soutient une sorte de dette mise en commun pour la zone euro—une étape majeure vers un super-État.

« L’Allemagne et la France ont soudainement décidé de montrer la voie », a écrit le groupe financier Bloomberg. L’article dit qu’un accord réussi « pourrait être le germe d’un budget de l’UE plus important, fondé non seulement sur les contributions individuelles des États membres mais également sur de nouvelles taxes à l’échelle de l’UE. Si cela se produisait, la zone euro se rapprocherait un peu plus d’une ‘union budgétaire’, ce qui est nécessaire pour la mettre sur une base plus solide. »

Le site web CapX a également observé cette tendance, déclarant : « Les observateurs chevronnés de Bruxelles seront choqués d’apprendre que les propositions (de l’UE) ont très peu à voir avec la pandémie et tout à voir avec l’approfondissement de la centralisation du pouvoir de l’UE et l’élaboration de politiques de haut en bas. »

Une « union budgétaire » a longtemps été considérée comme le moment où la zone euro passe d’un regroupement de nations à un super-État. La dette partagée et les impôts partagés signifient que tous les éléments d’un gouvernement partagé devront être mis en place. L’Allemagne a refusé d’aller aussi loin. Elle ne veut pas permettre à d’autres pays d’accéder aux deniers publics allemands à moins qu’elle puisse contrôler la façon dont ils sont dépensés. Sinon, cet argent pourrait être gaspillé, ou de mauvaises décisions financières d’autres pays pourraient mettre en danger les moyens de subsistance allemands.

Le fonds est limité et beaucoup disent que ce n’est pas suffisant. Il n’y a pas de provision qui couvre les emprunts en cours. Ces nouvelles étapes ne seront pas franchies tant que l’Allemagne n’aura plus de contrôle sur l’économie de la zone euro. Mais il s’agit toujours d’une étape historique.

Si cet accord est conclu, il donnera à l’UE un nouveau niveau d’autorité et d’intégration.

La chancelière allemande Angela Merkel tient à préserver l’euro car elle le voit comme un moyen d’élargissement et de poursuite de l’intégration, selon Jean Quatremer, écrivant pour la publication française Libération . Merkel a déclaré qu’il était nécessaire « d’agir de manière responsable et intelligente pour que l’euro puisse survivre ». La monnaie unique « doit survivre », a-t-elle dit, « afin de faire progresser l’intégration ».

Quelle que soit la forme de l’accord, l’intégration européenne se poursuivra—en grande partie grâce au coronavirus.

« Le coronavirus ouvrira-t-il la voie au Saint Empire romain ? » a demandé le rédacteur en chef de la Trompette Gerald Flurry dans une émission récente de la Clef de David . Il a déclaré que les problèmes économiques auxquels l’Europe est confrontée, en raison du virus, accéléreront considérablement la formation d’une Europe unie moderne, dotée d’une plus grande puissance. Il a averti que la formation d’un tel empire « affecterait directement votre vie ». Il a déclaré que « de plus en plus de gens parlent en Europe de l’homme fort dont ils ont besoin, qu’il y a un manque de leadership pour vraiment traiter le problème du virus et les problèmes économiques. »

Pour la plupart, cela semble peu probable. L’Europe semble se fracturer : elle affiche un manque de coopération entre les États membres pour l’aide médicale, elle a recourt à un tribunal allemand contestant le droit de l’UE et elle ne s’accorde pas sur un stimulus au-delà de la coquille creuse d’un accord.

Mais l’Europe profitera de ces crises pour s’unir.

« Au début, la réponse de l’Union européenne à la crise de la COVID-19 a été extrêmement lente et incohérente », a écrit CapX. « Depuis lors, ‘ne jamais laisser une bonne crise se perdre’ semble être devenu le mantra à la fois de la Commission européenne et d’un certain nombre de dirigeants nationaux. »

Le coronavirus justifiera non seulement une politique budgétaire plus risquée, mais transformera également la politique.

La Bible dit qu’une superpuissance européenne sous la direction allemande apparaîtra peu de temps avant le retour de Jésus-Christ. Daniel 8 : 23 décrit le dirigeant fort à la tête de ce Saint Empire romain ressuscité comme « un roi au visage audacieux » (Daniel 8 : 23, version Darby). M. Flurry explique cette prophétie en détail dans sa brochure gratuite Un dirigeant allemand fort est imminent . « Ce dirigeant à venir bientôt pourrait littéralement être appelé un roi. Même s’il ne l’est pas, la Bible lui donne cette étiquette », écrit-il. « Lorsque la Bible parle d’un roi, dans la plupart des cas, elle dit que ce n’est pas un gouvernement démocratique. Même s’il n’a pas ce titre, il va diriger comme un roi. Cette vision dans Daniel montre que l’empire européen est sur le point de devenir beaucoup plus autoritaire. »

La Trompette observe cette tendance, tout comme son prédécesseur, La pure vérité, sous Herbert W. Armstrong. Il a écrit en 1978 que les nations européennes allaient bientôt « donner tout leur pouvoir militaire et monétaire au souverain central sur les dix—le futur dirigeant européen » (lettre aux co-ouvriers, 14 août 1978). Le fonds de relance franco-allemand pourrait aider l’Europe à aller dans cette direction.

Au final, ce fonds de relance ne suffira pas à sauver l’Europe d’une crise encore plus grande qui se profile. M. Armstrong a averti qu’un crash économique en Amérique « pourrait soudainement entraîner le déclenchement des nations européennes à s’unir en tant que nouvelle puissance mondiale plus grande que l’Union soviétique ou les États-Unis. En conséquence, cela pourraient soudainement provoquer la grande Tribulation » (lettre aux co-ouvriers, 22 juillet 1984).

Source: La Trompette

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