Mon témoignage

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Mon témoignage que vous allez découvrir ou re-découvir a légèrement été modifié en raison des diverses informations que j’ai pu avoir ces dernières années. Afin donc que mon témoignage soit le plus juste possible, il fallait que j’en fasse une deuxième édition qui soit différente

de la première publiée en 2013. Ceux qui le connaissent déjà auront l’occasion de lire quelques nouveautés.


Je tenais à remercier toutes les personnes qui m’ont soutenu durant ces années, je pense notamment à Cathy Patrick et Pierre pour qui j’ai une estime et un respect profond. Merci à eux pour avoir été aussi patient avec moi mais aussi pour ne pas avoir hésité à passer des heures à discuter avec moi.

Je remercie également Thérèse, une sœur en Christ qui m’est très chère. Qui a été présente pendant une période assez difficile.

Je remercie aussi tous les éducateurs, infirmiers et psy que j’ai eus, je pense notamment à Sylviane, Marie-Odile, Jean-Claude, Gilbert F. et tant d’autres que je pourrais nommer tant la liste est longue. Merci à vous car même après mon départ, vous avez toujours tenu à avoir de mes nouvelles et qu’un véritable lien d’amitié a pu être tissé entre nous.

Et surtout un grand merci à Sébastien, qui a été, bien malgré lui, le commencement d’un plan extraordinaire mis en place par notre Seigneur.

Pour finir, je dédie ce témoignage à mon père, qui nous a quittés en décembre 2016 et à ma mère pour qui je prie sincèrement afin qu’elle aussi, trouve ce Seigneur merveilleux en qui je crois, Lui qui donne la Paix à qui le veut vraiment. Car finalement mon témoignage n’a pas été écrit dans le but de diffamer qui que ce soit, mais simplement de raconter mon histoire telle que je l’ai vécue à mes propres yeux et au travers des yeux de ceux qui m’ont suivi tant d’années, mais surtout de raconter ma rencontre avec le DIEU VIVANT.

Nathaniel STEF alias SENTINELLE SAPS

(Sentinelle de Dieu / SAPS Production)

n.stef57@outlook.fr / sddsaps@outlook.fr


Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie.

Témoignage personnel de Nathaniel STEF alias Sentinelle SAPS


Un sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. Luc 1.71

En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui. Éphésiens 1.4

Tu nous feras remonter des abîmes de la terre.Psaumes 71.20

Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie.Luc 15.24


Quelle est mon identité personnelle?

Quelle est mon histoire?

Quelle est la cause de tout ceci?

Qui m’a envoyé ici? Et pourquoi?

Qui a pris ces décisions?

Qui suis-je? Pourquoi moi?

Ces questions surprenantes étaient miennes, et sont restées longtemps sans réponses. La vérité a éclaté au grand jour grâce au combat que j’ai mené.

Ma persévérance a payé, mais à quel prix?

L’histoire qui va suivre est mienne, je l’écris avec mes mots. Je ne vous demande pas de croire, mais de découvrir au fil des pages, qu’une vie peut basculer au-delà de toute notre imagination.

Les prénoms de certaines personnes ont était modifiés afin de garder leur anonymat. Je ne veux pas que leurs noms soient salis de quelque manière que ce soit, cela serait juger comme étant une vengeance, et ce n’est pas le but.

Avant de commencer, sachez que suite à de nombreuses révélations qui me sont parvenues, encore aujourd’hui, le texte diffère sur pas mal de points comparé à la première édition.

En écrivant ce témoignage, il faut savoir que tous les détails qui y sont présents sont vrais, car il y a des choses et des endroits qu’on ne peut plus oublier.

 

Chapitre 1. Un briquet, une commode et une porte close

Allongé sur un lit, pleurant de toutes mes forces. Mes larmes coulent tel un robinet qui fuit. La gorge nouée, je me demande ce que je fais là.

Une chambre collective d’enfants plongée dans la noirceur de la nuit. Enfin pas tout à fait, les multiples sources de lumière viennent de pièces voisines et me permettent toutefois de distinguer certains objets: des lits vides, et une peluche Mickey Mouse. Il doit être 21 h, et me voici là, mais pourquoi?

Une éducatrice vient alors près de moi, et me secoue violemment en me criant:

  • Mais tu vas te taire oui! Tu dors maintenant!

Quelques jours plus tôt, un matin d’avril 1997:7h00

Je me lève comme chaque matin pour aller à l’école. Je suis en dernière section de maternelle. J’ai de la chance, j’ai une très belle chambre avec énormément de jouets, peluches, et même des WC rien que pour moi.

Je me présente, je m’appelle Nathaniel, j’ai 5 ans, je suis le troisième enfant de Marianne(), une très belle femme de 33 ans. Depuis 4 ans, elle s’est mise en couple avec Jack() un Guadeloupéen plus jeune qu’elle. Depuis peu, je sais que je vais bientôt avoir une petite sœur. Est-ce que je suis jaloux? Je ne peux pas l’affirmer, mais l’acte que je m’apprête à commettre pourrait laisser quelques-uns d’entre vous y songer.

Je vis dans un appartement au deuxième étage. Ma chambre se situe à la première porte à gauche. Il y a une fenêtre qui donne sur le palier. La cuisine se situe à peu près en face de ma chambre décalée vers la gauche. Le salon se trouve à la deuxième porte à gauche de l’entrée, quant à la chambre parentale, elle se situe à peu près en face de l’entrée, ou un peu plus vers la droite. La rue où nous nous situons est pentue, avec des pavés roses tout le long. C’est une rue totalement piétonne, mais déserte la plupart du temps. Nous habitons au numéro 11 de cette rue. En bas, se trouve le centre commercial, le Centre Saint-Jacques.

Il y a un point à retenir sur ma situation familiale. Mon père Éric(*), le vrai, n’est pas avec moi, ni avec ma mère. Il m’a abandonné quand j’étais dans le berceau de l’hôpital. Ma mère m’a raconté qu’un jour, peu après ma naissance, quand il m’a vu, il lui a dit:

  • Ce n’est pas mon fils!1 

J’ai appris beaucoup plus tard, que ce n’était pas la première fois. J’ai un demi-frère qu’il a abandonné et que je n’ai jamais vu. Mon père biologique est venu le voir un jour, sans dire qui il était en réalité, il avait invité au restaurant son fils en tant qu’ami. Mon père est routier.

Quand ils étaient dans le camion, mon demi-frère lui a dit :

  • Si jamais je vois mon vrai père, je le tue!

Mon père a eu très peur, il ne l’a jamais revu.

Je n’ai connu mon père qu’à l’âge de 14 ans, où je l’ai vu pour la deuxième fois.

Note : En réalité mon père je l’ai vu très souvent entre ma naissance et mes 7 ans, cependant je n’en ai qu’un ou deux souvenirs. Et malgré ça, je ne peux pas dire avec certitude que je ne connaissais pas mon père en tant que père, avant mes 14 ans. C’est assez complexe…

La première fois2, je ne savais pas que c’était lui, il était venu rendre visite à ma mère et les paroles qu’il a eues à mon égard étaient :

  • Tu respectes ta mère !

Je croyais qu’il était le petit ami d’une voisine de ma mère. Je me rappelle qu’il avait des chaussures très élégantes de couleur marron foncé (cela me surprend toujours que je me souvienne de ces chaussures…). C’est la seule fois où je m’en rappelle, j’ai entre 7 et 9 ans.

Comme expliqué dans la note un peu plus haut, mon père venait me voir très régulièrement dans ma très jeune enfance. Mais la seule chose dont je me souvienne vraiment, c’était son camion alors qu’il m’avait emmené en Italie avec lui. Les portières de son camion possédaient un motif très caractéristique.

Et une anecdote à ce sujet : bien des années plus tard, je lui ai demandé confirmation de ce détail étant donné que je ne savais pas si c’était le fruit de mon imagination. Est-il nécessaire de vous dire que mon père a été très surpris que je me souvienne de ce détail qui remontait à plus de 15 ans en arrière (je devais avoir 4 ans).

Ma mère m’a raconté qu’un jour, alors que j’étais bébé, il était venu me voir, m’avait changé la couche et comme je criais fort, il avait pris le lit pour bébé et l’avait jeté sur moi ; heureusement que ma mère est venue, donc la première fois où j’ai échappé à la mort, j’avais moins de 1 an.3

Après cet incident, ma mère n’a plus voulu qu’il vienne, mais aussi pour une autre raison, la police venait souvent chez ma mère, pour chercher mon père qui avait donné l’adresse de ma mère au lieu de la sienne.

Pour me protéger, elle ne voulait plus que je voie la police embarquer mon père une fois par mois.

Il y a le café Vert4 comme l’appelle ma mère. On y allait très souvent. Il y a toujours ce souvenir un peu bête qui me revient souvent, quand nous faisions nos petites courses ou que ma mère allait faire une séance d’UV, ce qui m’a marqué, c’est peut-être idiot, mais c’est la pente, car quand mon beau-père de l’époque conduisait, il allait pour prendre le ticket, quand nous descendions cette pente, j’avais un haut-le-cœur, et j’appréciais drôlement cette sensation.

Mais avant de continuer à vous raconter ce qui s’est produit avant mon arrivée au Foyer de Scy-Chazelles, j’aimerais raconter ce qui s’est passé entre cette histoire et un peu avant, et après le premier foyer.

Je ne grossissais pas, ma mère s’en est donc inquiétée car elle ne comprenait pas pourquoi ; ceci m’a valu beaucoup de séjours à l’hôpital d’une assez grande ville de l’est de la France qui n’est pas la mienne.

Et après un test de sueur, le verdict est tombé : j’avais une mucoviscidose intestinale, cette maladie est très rare et totalement incurable.

Note : Concernant cette maladie, je me dois de rétablir une petite chose. A ce jour je n’ai plus cette maladie mais la question que je me suis posée tant de fois est celle-ci : est-ce que j’ai vraiment eu cette mucoviscidose ? Cette question étrange me taraude depuis le jour où un des mes nombreux médecins traitants, en voyant mon carnet de santé m’a révélé que non. Puis un autre médecin m’a dit que oui. La seule chose qui est sûre c’est que je prenais effectivement un médicament qui traite l’insuffisance pancréatique, le Créon et qui traite également la mucoviscidose. Donc au final je pense vraiment que j’ai eu cette maladie, mais un doute m’est quand même permis. Une chose est certaine : à ce jour je n’ai plus cette maladie. D’ailleurs selon ma mère d’après ce que je me souviens d’une discussion que j’avais eue avec elle et mon oncle dans la cuisine vers l’âge de 7-9 ans, une phrase avait été prononcée par mon oncle : mon espérance de vie était au maximum de 23 ans (et à ce jour j’en ai 26).

Revenons donc à ce matin d’avril 1997.

Je ne sais pas trop pourquoi ma chambre était fermée ce jour-là. Maman se prépare, je l’entends sortir de l’appartement. Elle est sortie jeter les poubelles, et passer au bureau de tabac5. Moi, je suis toujours dans la chambre, je l’attends.

Et puis, je vois un briquet, et je constate que lorsque je tourne la roulette, une flamme apparaît, tel un flambeau hypnotisant. Dans ma chambre, à côté de la porte, se trouve ma commode. Et sur cette commode il y a un petit tapis avec plein de petites franges qui pendouillent ici et là. Alors je me dis:

  • Si je pose cette flamme délicatement sur une de ces franges, le flambeau restera allumé.

Enfin, avec des mots d’enfant de 5 ans, bien sûr!

Après quelques tentatives ratées, le flambeau disparaît au bout de quelques secondes, je réessaye, et là, c’est la surprise : Une flamme gigantesque se dresse à quelques centimètres de moi et ne cesse de s’agrandir, menaçant de toucher le plafond!

D’un coup, j’entends un Boum, c’est l’ampoule qui vient d’exploser. Je me retrouve seul, asphyxié par la fumée noire qui remplit ma chambre, je trouve refuge dans un coin de la chambre, mes yeux me brûlent, je me sens seul, sans défense, alors je pleure, mais personne ne m’entend. Je hurle toujours plus fort, mais la fumée me fait tousser et me brûle. Je sens la mort venir à moi, mais…

J’entends la poignée qui tourne, maman vient de rentrer, elle se demande ce qui se passe.

Elle sent de la fumée, et instinctivement, elle sait que la fumée vient de ma chambre. Elle tente donc d’ouvrir la porte (selon elle, la porte n’était pas fermée, vous comprendrez plus tard), mais la poignée est brûlante.

Elle va donc chercher un seau, va le remplir d’eau froide, et jette le contenu sur la porte.

Quand enfin, elle ouvre, elle hurle :

  • Viens ici tout de suite! 

Et, là, je lui aurais répondu:

  • Viens me chercher!

Quand, enfin, je sors de la chambre, elle monte voir les voisins, et une voisine dort encore, malgré ce vacarme.

Plus tard, quand les pompiers sont arrivés, elle a dit ceci, mot pour mot:

  • Il a vu que son déjeuner n’était pas prêt, alors il a mis le feu!

Dans mon souvenir, je suis assis là, en bas de la fenêtre qui donnait sur le pallier, il y avait des cendres partout par terre. Je me rappellerai toujours des marques noires sur le sol. La fumée, un vague souvenir.

Les propos du pompier à mon égard, je ne m’en rappelle pas.

Apparemment, il s’agirait d’un incendie criminel! C’est ce que m’a dit ma mère! Waouh! À 5 ans, j’aurais voulu me suicider et tuer ma mère, car:

  • Mon déjeuner n’était pas prêt!

Note: Sachez qu’encore à ce jour, ma mère maintient fermement ce discours. Cependant avec beaucoup de recul, je me pose une petite question : pourquoi la porte de ma chambre avait-elle une clef (et ça j’en suis absolument sûr) ? La réponse de ma mère était et elle est toujours la même : je n’avais pas confiance, tu volais. Par contre une chose qui restera sans doute sans réponse : a t-elle donné ce détail au pompiers ? Ou m’a t-elle fait passer pour un meurtrier en rejetant toute la responsabilité sur un enfant de 5 ans et demi ?

D’autre part, quand j’ai eu une discussion sur cet événement avec elle, elle maintient aussi que je lui aurais répondu viens me chercher avec un ton de défi, comme si je voulais qu’elle se brûle. Cependant, un enfant de 5 ans peut-il penser ainsi ??? J’en doute. Donc soit j’étais un enfant de 5 ans totalement tordu qui voulait que sa mère meurt à cause d’une petite sœur qui doit arriver ou alors elle ment, et croyez-moi, ce ne serait pas une nouveauté…

Peu de temps plus tard, maman m’a confié à une de ses amies et je me souviens encore très bien avoir dormi dans un clic-clac dans un appartement pas très grand.

L’appartement était devenu inhabitable avec tous les dégâts qu’avait causés cet incendie!

Quelques jours plus tard, je me trouvais dans une voiture blanche6.

Maman avait demandé à me placer dans un foyer d’urgence à quelques 6 kms de Metz.

Donc me voici à 5 ans et demi dans un foyer qui deviendra ma maison pour une période d’un an et demi.

 

Chapitre 2 : Maltraitances ?

Voici une petite présentation du foyer de l’Enfance de Scy-Chazelles7 :

Le quartier des 5-7 ans se trouvait au fond d’un énorme hall à la porte de gauche.

A la porte de droite se trouvait la porte de secours. Plus à droite encore se trouvait le quartier des plus grands (7-10 ans).

A la porte de gauche se trouvait une sorte de cantine (il y avait plusieurs portes de part et d’autre de cette grande pièce). Avec des verres numérotés.

Je m’en souviens comme si c’était hier. On s’amusait à se donner des âges en fonction du numéro. Au fond du grand hall, mais côté arrière se trouvait d’autres quartiers pour les plus petits, ou les plus grands.

Une pièce de visite où les enfants retrouvaient leurs parents pour une durée d’une heure ou deux. Un secrétariat, etc.

Dans mon quartier, il y avait une grande pièce qui nous servait de séjour.

Il y avait une TV constamment allumée sur une chaîne câblée avec des programmes jeunesses8.

Elle était disposée en hauteur. À gauche de la TV, il y avait une très grande frise représentant un calendrier pour apprendre les mois de l’année.

Je me rappelle aussi, que tout le foyer était en rénovation, donc dans les quartiers, les enfants étaient mélangés. Nous, nous nous trouvions dans une pièce assez éloignée de notre quartier d’origine.

Mais après les rénovations, il y avait dans toutes les pièces un effet que je n’ai plus jamais vu de ma vie : les lumières du plafond étaient de plusieurs couleurs, le jaune par exemple était la couleur de la salle de séjour, le bleu était celle de la chambre des garçons et le rose était celle des filles. Bon-là rien de surprenant, mais un détail faisait tout changer : la lumière était reflétée sur le sol.

Ce qui signifie que pour le séjour, la chambre des garçons et des filles, les sols avaient la couleur jaune, bleue, rose. C’est un effet particulièrement beau, et très bien fait.

Quelques mois plus tard, un soir où je n’arrivais toujours pas à dormir, je passais le temps. Dans la semaine ou dans les jours précédents, nous avions appris la comptine « pirouette cacahuète » et le « jeu du facteur ». Alors je commençais à faire des pirouettes sur le lit, qui malheureusement pour moi se situait accolé à un chauffage (petit détail, j’avais changé de place, je me trouvais dans un lit qui se trouvait au fond de la pièce du côté droit).

Après plusieurs galipettes, je fonce dans ce radiateur. Je portais un tee-shirt blanc, qui allait vite virer au rouge. Je m’étais tapé la tête dans le radiateur, il fallait le faire quand même !

Le soir, tout le monde dormait. Il y avait juste le ou la garde de nuit plus communément appelé veilleur de nuit.

Je ne ressentais pas vraiment de douleur, mais plutôt de la peur, car ça coulait sans arrêt.

Si je me rappelle bien, ils ont mis du temps pour s’apercevoir que j’étais dans la salle de bain, enfin, c’était plutôt une pièce de lavabos. Je me regarde dans le miroir et je pleure. Je crie même! Vers 23h00 ou minuit, nous partons à l’hôpital. J’ai reçu ce soir là 4 ou 5 points de suture.

Le 24 septembre de l’année 1997, ma petite sœur vit le jour. Lorsque je suis allé rendre visite à ma mère et ma sœur quelques jours plus tard, je me souviendrai des biscuits « Petit Brun » et de l’avion miniature que m’avait offert ma mère. Oui, ce sont les deux principaux souvenirs que j’ai de cette visite.

Malheur au mot malheureux!

Comme tous les enfants placés, un suivi psychologique était de rigueur.

Ceci s’est passé peu après Noël 1997 que j’avais passé chez ma mère. J’étais comblé de cadeaux.

Ma petite sœur a 3 mois, elle est magnifique, une métisse avec une bouille, belle à croquer.

Elle a aussi une petite tête d’ourson. Enfin un moment de joie familiale.

Ma mère aimait beaucoup inviter des amis pour des repas.

C’est une très bonne maîtresse de maison et une excellente cuisinière. Après ce Noël merveilleux, je dois rentrer au foyer.

Mais voici, mes mots ne plairont pas à certains (y a de quoi). Je suis allé voir mon psy.

Il me demande:

  • Comment ça s’est passé à Noël?
  • …Malheureux…

Note : Alors là par contre je n’ai pas vraiment d’explications solides à apporter, si ce n’est qu’une chose a pu se produire : entendre ce mot quelques part et le sortir à n’importe quel moment, c’est ce que font la plupart des enfants… je pense. Une chose est sûre, c’est que ce Noël-là je n’en ai gardé que des bons souvenirs et en aucun cas je n’ai été malheureux… du moins à cette période.

Bon, alors évidemment le psy en a fait le rapport à ma mère. Et là, ce fut le drame!

  • Comment ça, tu as été malheureux?
  • Mais ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, je me suis trompé!

Jamais, elle ne me croira. C’est encore la préférence de sa réputation qui m’a joué un mauvais tour. Au lieu de se dire: « Il s’est trompé, ce n’est pas grave!» Elle a préférée:

  • Je vais le tuer, qu’est-ce qu’on va penser là-bas maintenant?

Toujours me faire passer pour un menteur, j’avais beau pleurer, crier, rien n’y a fait.

Ce jour-là, j’ai cru que ce serait le dernier pour moi. Des fois, je m’accusais à tort, car ma mère ne me croyait jamais.

Je lui ai même dit:

  • Même si ce n’est pas moi, je dis que c’est moi comme ça vous êtes contents.

Puis un an après je suis rentré définitivement chez ma mère. Jack avait une Ford Scorpio, une voiture très rare ou peu connue9.

Dans le quartier de Borny, le quartier sensible de Metz, mon nouveau chez nous, il y a 4 tours pratiquement identiques, 15 étages chacune sauf une qui n’en compte que 14.

Ces tours, c’est l’horreur. Les ascenseurs sont toujours en panne, et s’ils ne le sont pas, c’est risqué.

La montée se faisait parfois dans le noir, parfois les portes s’ouvraient. Du coup, j’en avais trop peur, j’étais capable de monter 15 étages à pied et dans le noir, pourvu que je ne prenne pas l’ascenseur.

Énurésie, celle qui ne me lâchera donc jamais!

Combien de coups? Combien de cris? Combien de punitions? Combien de fois j’ai été privé de manger quand j’avais à peine 7 ans? J’avais beau dire que je ne le faisais pas exprès! Jamais elle ne m’a cru.

J’étais mal dans cette famille. Je rêvais de pouvoir partir. Exemple tout simple:

À force de me faire frapper, de me crier dessus, quand mon lit était mouillé, je faisais en sorte de cacher ce que je pouvais.

Parfois oui, je ne me lavais pas. Mais pas par saleté ou manque d’hygiène, mais j’avais tellement peur que ma mère ne le voie. Sinon à part me prendre des coups, elle me forçait à prendre une douche à l’eau, non pas froide, mais glacée !

Pour éviter cette torture psychologique et physique, je partais vite avant que ma mère me voie, sale, mais en sécurité. Enfin, jusqu’au soir.

Je volais quelques sous (environ 50 francs) pour acheter à manger dans la boulangerie qui se trouvait proche de mon école. Je sentais très mauvais, mais je préférais être comme ça plutôt que de me faire enguirlander pour la énième fois et dès que l’heure de sortie arrivait, j’avais peur de rentrer.

Alors je prenais tout mon temps, je jouais dehors. Avec mes copains, on restait tard dehors en bas de la cité. Je pouvais rester dehors jusqu’à ce que la nuit tombe. On se racontait des histoires, on jouait, courrait, on faisait du vélo, mais évidemment, on m’attendait au pas de la porte d’entrée : le martinet10 dans les mains de ma mère.

Plus tard dans le temps, elle m’avait appelé pour manger et prendre ma douche ; quand je suis rentré, elle était cachée derrière la porte d’entrée et quand elle voyait que j’étais près d’elle, elle me frappait avec ce martinet dans les cuisses et je gardais des traces rouges sur ma cuisse droite quelques jours.

Je devais rester debout les mains en croix ou sur la tête face au mur. Parfois, elle s’amusait : elle me faisait me mettre accroupi les mains sur la tête. L’odeur de la tapisserie ne m’a pas quitté depuis à tel point qu’à l’heure où j’écris, l’odeur me vient.

Une fois, je devais être debout mains en croix portant un gros dictionnaire dans chacune d’elles pendant 1 heure. Ma mère ne me battait pas, mais savait ce qu’il fallait faire pour justement ne pas laisser de trace. Elle est très intelligente.

Il y a tellement de tortures à faire à un enfant sans le toucher !

L’énurésie m’a littéralement volée pratiquement 18 ans de ma vie.

Note concernant cette « voleuse » : Il faut savoir que j’ai eu de l’énurésie jusqu’à mes 18 ans. Mais il y a une raison totalement normale et logique à ça. Pour expliquer ça, il faut savoir que l’énurésie « le pipi au lit » possède exactement 2 formes : la forme primaire et la forme secondaire. La différence entre les 2 est que la forme primaire n’a aucun stade de « propreté » assez significatif pour démontrer que l’appareil urinaire marche correctement. La forme secondaire se démontre par un retour au « pipi au lit » après au minimum 6 mois de propreté ce qui ne fait pas douter sur le bon fonctionnement du système. C’est sous la deuxième forme qu’on pourrait trouver une raison psychique à ce trouble et vous l’aurez compris, c’était celui que j’avais. Selon un site internet il est dit que « le problème de l’énurésie secondaire retrouve ses origines à 90 % dans l’aspect psycho affectif et que pour pouvoir soigner ce problème d’énurésie, la signification psychologique devra être trouvée. » Essayez donc d’expliquer cela à une personne qui se voit en parfaite mère, qui a très bien élever son fils et que tous les problèmes, le problème, c’est lui.

Combien de fois ai-je pu dire à ma mère que si je l’avais fait exprès, j’aurai cessé depuis très longtemps ? Bien sûr, elle ne m’a jamais pris au sérieux. Jamais. Non pour elle je le faisais exprès et il faut bien se dire la vérité : ça lui convenait, ainsi elle rejettait toute la faute sur moi et elle n’avait pas à se remettre en question.

Quand l’énurésie a t-elle totalement disparue ? Tout simplement quand j’ai enfin compris la vérité sur mon passé. Mais ça on y reviendra plus tard.

Il est vrai que sans se problème d’énurésie, j’aurai pu vivre normalement. Mais étant donné que je n’avais pas une vie normale, l’énurésie n’était pas la cause, elle en était la conséquence.

Aurais-je l’orgueil de vous dire que j’étais un enfant totalement gentil, un petit ange ? Absolument pas ! Mais là aussi, il faut replacer la cause et la conséquence pour comprendre. Je ne dis pas cela afin de me blanchir, de me justifier, mais simplement afin que vous pussiez tout simplement comprendre.

Il se peut aussi que je me défoulais aux travers de nombreuses bêtises que j’ai faites, afin notamment de me former une sorte de bouclier, une échappatoire aussi. Et il ne faut pas oublier qu’un enfant fait toujours des bêtises, c’est son job, c’est en recevant une réprimande qu’il apprend quelles sont les limites à ne pas franchir. Peut-être qu’au final ma mère me rejetait (et me rejette toujours d’ailleurs) parce que je ne suis pas l’image de l’enfant parfait à ses yeux. Ce qui me surprend quand même, c’est que je suis son 3ème enfant….

Je vais vous raconter quelque chose qui m’a énormément frappé et dont je me souviendrais toute ma vie tant c’est d’une violence extrême.

Avant tout, il faut savoir que dès mon plus jeune âge, environ 7 ans, lorsque ma mère était occupée à la maison ou ne voulait tout simplement pas sortir, elle me chargeait d’aller chercher ses cigarettes et quelques courses (surtout du pain et du vin).

Donc un jour comme un autre, je sortais à la supérette qui se trouvait à exactement 300 mètres. Seulement il me manquait 50 centimes de francs et je vis un vieux monsieur ; je suis donc allé naturellement le voir afin de lui demander s’il pouvait me les donner, ce qu’il fit. Je ne pensais absolument pas aux conséquences de ce geste totalement innocent et elles sont arrivées très vite.

Quelques jours plus tard, je me réveille terriblement mal, et bien sûr trempé d’urine. J’avais mal au ventre et pardon pour les personnes, mais ce jour-là, j’ai vomi dans mon lit. Autant vous dire que je n’étais pas beau à voir.

Il est vrai que j’aurai pu me lever et aller vomir dans les toilettes. Sauf que non, il se trouve que je dormais chaque nuit dans une chambre fermée à clef parce que « je volais ».

Ce détail spécial va me sauver la vie cependant car en me levant la première phrase de ma mère à mon encontre c’est :

  • T’as pissé au lit ?

Bon en me voyant avec du vomi et totalement mal, soit elle ne verra jamais que ce jour j’avais fait au lit, ou pour une fois elle n’en prendrait pas attention.

Encore quelques jours plus tard, alors que j’apprenais à faire du vélo, et que ma mère avait installé un vélo d’appartement, je passais beaucoup de temps dessus. Je me souviens d’une soirée terrible que j’ai vécue.

Cette soirée, ma mère m’avait confié à la voisine de pallier (Henriette), chez qui j’allais très souvent d’ailleurs. Ma mère était sortie ce soir-là, mais en revenant, elle a piqué une crise phénoménale sur moi. Atel point qu’à part les coups qu’elle m’a donnés (je me souviens très bien d’une attaque avec une serpillière à franges, j’ai couru dans ma chambre, elle a claqué la porte avec une telle violence qu’elle est restée coincée, donc je ne pouvais plus sortir. A part les pleurs et les cris, j’ai eu un instant de lucidité pour me poser une question incroyable mais vraie « comment je vais manger si on ne peut plus ouvrir la porte ? »

Ce fut une soirée d’une violence incroyable, non pas à cause des coups, mais de la soudaineté et de la cause de celle-ci.

Il se trouve, que par le plus grand des hasards, le vieux monsieur qui m’avait donné les 50 centimes de francs, était mon grand-père.

Le souci : ma mère et lui ne se parlaient plus depuis des années pour une raison assez spéciale :

Elle m’a raconté que mon grand-père avait empoisonné son ex-femme et qu’elle en était morte. Seulement, à ce jour la vérité je ne la connaîtrais jamais, étant donné que mon grand-père est décédé en avril 2006.

Pourquoi cette violence envers moi ? Il se trouve que ma mère était certaine que j’avais foutu « la merde dans la famille » ce sont ces mots…. Bon, enfin voilà….

La seule chose que je peux dire, c’est que c’est en partie grâce à ces 50 centimes de francs que le lien a été renoué entre eux. Tout est bien qui finit bien, seulement voilà, cet épisode-là m’a énormément troublé, car je ne comprenais absolument pas pourquoi il m’arrivait ce genre de chose.

 

Chapitre 3 : Seul ?

Pour ce chapitre, je vais devoir décrire les événements par période chronologique afin que vous vous rendiez compte que ma descente aux enfers n’est pas une chimère que je me serais inventée. Bien au contraire.

Dans la nuit du 28 août 2001 entre 21 et 22h :

Pour des raisons professionnelles, nous avions l’obligation de partir vivre dans le sud. En effet mon beau-père de l’époque était militaire et avait été muté au Lycée Militaire d’Aix-en-Provence. Ma mère en était malheureuse, car quitter Metz pour aller à Aix-en-Provence, disons simplement qu’elle aurait préférée partir à Montpellier. Je dois avouer que sur ce point je la comprends. Donc en cette nuit de fin d’été, nous quittions Metz, avec la fameuse Ford Scorpio, en laissant tous nos amis, nos repères et nos racines.

Au départ, nous devions immédiatement emménager dans la maison qui appartenait à l’Armée, mais finalement pour une raison x, nous avons du attendre plus d’un mois avant d’y rentrer. En attendant, nous avons campé dans une petite maison à l’intérieur du Lycée Militaire.

Fin septembre 2001 :

Après visite d’état des lieux, avec ma mère en pleurs (car selon elle il y avait un fantôme et elle ne voulait pas vivre dedans) donc une journée peu commune.

Pour décrire notre nouveau logement : Il s’agit en fait d’une très grande propriété, une maison immense qui regroupait 4 appartements. Ils étaient tous occupés par des militaires, bien entendus.

Notre appartement avait 3 chambres, mais la chambre de ma petite sœur deviendra plus tard le salon, vous comprendrez pourquoi plus loin, une cuisine et dans une pièce en hauteur la salle de bain et les toilettes.

Derrière cette immense maison, il y avait en plus un très grand terrain, sur lequel on faisait régulièrement des fêtes et où on s’amusait beaucoup avec ma petite sœur.

On aurait pu y vivre vraiment heureux…. mais vous verrez très vite que cela ne se produira pas.

Septembre 2001 – Juin 2002 :

Je fus scolarisé dans une école à 1 km de la maison « l’école primaire de la Torse » et ma petite sœur à l’école maternelle qui se trouvait à coté.

Juillet-Août 2002 :

Après un séjour au Puy-de-Dôme avec une colonie, la Fontaine du Berger au milieu de laquelle je n’étais pas un ange, je me suis fait virer. Enfin le souci, c’est que maman ne voulait pas, ou ne pouvait pas venir me chercher, alors j’y suis resté jusqu’à la fin.

J’aimais tellement maman, je ressentais un tel manque, que lorsque je suis arrivé, je ne voulais pas manger le sandwich qu’elle m’avait préparé. Les animateurs ne comprenaient pas pourquoi je voulais le garder, mais pour moi, c’était le seul moyen que j’avais trouvé pour ressentir la présence de maman pendant 3 semaines.

Je l’ai évidemment jeté, car les vers se sont occupés de le manger à ma place. Avec plaisir, et bon appétit.

Lorsque j’appelais ma mère, une chose m’a marqué soudain, c’est qu’elle ne me répondait presque jamais, alors au lieu de ça, j’écoutais le répondeur. Elle avait une voix qui me semblait triste et gravement malade, si bien que quand je raccrochais, j’avais peur qu’il lui soit arrivé quelque chose, alors à chaque fois, je pleurais.

Septembre 2002 -Juin 2003: scolarité au collège des Prêcheurs en classe de 6ème

À partir de cette année-là, je ressentis le besoin de me révolter, alors j’ai commencé à voler dans les magasins. Je faisais régulièrement l’école buissonnière, je ne faisais plus mes devoirs. Et pourtant, personne ne m’a aidé, personne à la maison.

Pourquoi ce chapitre « Seul » alors qu’il n’y a que quelques détails ? Pour comprendre, il suffit de lire le prochain chapitre. Disons simplement que c’est à partir de cette époque-là que je finirai seul et même….

 

Chapitre 4 : Abandonné ?

  • Va te préparer, tu pars à la plage avec ton père (mon beau-père) !

C’est exactement sous ses termes que je me suis réveillé, ou presque ce jour-là.

Il se trouve que j’étais content car je ne sortais jamais (ou quasiment jamais) avec mon beau-père. A vrai dire, il n’y avait même plus de contact.

Seulement voilà, ce jour-là la mer, je n’irai pas la voir.

Lundi 28 juillet 2003 à 11h30:

Voilà la date précise de mon arrivée à la Maison d’Enfants à Caractère Social (M.E.C.S.) Longchamp, situé dans le boulevard qui porte son nom.

Cette date sera le premier jour des secrets et le dernier jour que j’ai vécu avec ma mère H24 !

Une date bénie, si l’on y réfléchit bien, cependant c’est bien à partir de cette date là qu’un véritable combat pour connaître mon histoire va s’engager. Et le plus grand des secrets qui sera révélé plus de 7 ans plus tard va se produire au environ de 9h…

Pour comprendre comment j’ai pu atterrir dans ce foyer, il me faut absolument vous raconter plus en détails cette année 2003.

Suite à mes vacances chaotiques au Puy-de-Dôme de l’été précédent, mon comportement avait totalement changé. L’année scolaire en 6ème était à la limite de la catastrophe, mais heureusement que j’avais toujours de bonnes notes, excellentes même.

A la description de la maison dans laquelle nous vivions, j’ai omis un petit détail, une pièce que je finirai par connaître… par cœur : les combles (ou grenier). Car oui, chers lecteurs, sachez que suite à tout ces remue-ménages, ma mère a une la brillante idée de me faire vivre dans le grenier pour « que je sois indépendant ».

Autant vous dire qu’au moment où la décision a été prise, j’ai accepté avec plaisir. En effet, l’atmosphère familiale était insupportable. Mon beau-père trompait régulièrement ma mère. Ma mère me prenait pour confident (et la majeure partie elle était bourrée, c’est un détail) donc à 11 ans, je connaissais tous les détails involontairement. Autant dire que vivre à l’écart de tout ça, ben j’étais heureux.

Mais comment dire ? Connaissez-vous Cendrillon ?

Cette pièce indépendante qui comportait 1 lit, une armoire et un bureau se trouvait à l’extérieur de l’appartement un étage plus haut.

Si je n’allais pas à l’école, si je ne sortais pas me balader seul, j’étais dans cette pièce. Peut-être devrais-je spécifier que si je devais aller au toilette, je devais soit attendre que mes parents se réveillent, vu que je ne pouvais pas rentrer à la « maison » n’importe quand ? Car ce fut bien le cas.

Devrais-je également signifier que pour les repas, c’était sur les marches des escaliers que ma mère ou mon beau-père déposer mon repas ? Car ce fut là aussi bien le cas.

Je ne prendrai que très rarement un repas normal et en « famille ».

Autant dire que l’indépendance, ben je l’ai eu et bien comme il faut.

Que faisais-je toutes les fins de journée après l’école ? Je faisais mes devoirs, j’écoutais la radio et je lisais, principalement des livres que je volais et plus spécifiquement les livres Harry Potter.

Le week-end, je prenais le train, je sortais en ville.

La période où il y avait la fête foraine qui se trouvait juste à 100 mètres de la maison, j’y passais mes journées, mes soirées jusqu’à très tard. J’avais 10-11 ans et je dois avouer que je me moquais totalement de savoir si ma mère s’inquiétait de mon absence.

Malgré mon semblant de liberté, je devenais de plus en plus malheureux et cette fois-ci c’était bien le cas. Je vivais en total retrait de ce que l’on pourrait appeler une vie familiale.

Mon comportement empirait au fils des jours.

Pendant une très courte période j’ai été suivi par un éducateur spécialisé qui venait à la maison.

Note : on a dit de ma mère qu’elle m’avait abandonné (le véritable terme utilisé) ce fameux 28 juillet 2003 à 11h30. Mais en réalité, elle m’a abandonné beaucoup, beaucoup, beaucoup plus tôt.

Mai – Juin 2003 :

Un jour ma mère, mon beau-père et moi, nous nous rendions tous à Marseille pour un RDV avec un psychiatre. Apparemment il s’agissait d’un foyer, mais ce jour là, franchement je n’ai pas su du tout ce qui s’était passé. La seule chose que j’ai retenu de ce rendez-vous, c’est que le psychiatre m’a dit :

  • Tu es bien élevé.

Suite à ça, retour à la maison…. Mais, revenons à ce qui s’est passé un mois plus tard.

Ce lundi 28 juillet vers 9h je me réveille normalement, je sors de ma dépendance et je m’assois sur les escaliers. La porte de l’appartement était grande ouverte ce qui m’a permis de comprendre que ma mère faisait des valises. Ce fut que quelques minutes plus tard que j’entendis ma mère :

  • Va te préparer, tu pars à la plage avec ton père.

Une fois prêt, je descends. Mon beau-père descend également mais je suis surpris que ma petite sœur ne soit pas là car je pensais qu’elle venait à la plage aussi.

On monte dans la voiture et nous quittons Aix-En-Provence tranquillement, mais sans un mot ; silence absolu.

Pendant ce temps je regarde à travers la vitre et je lis tous les panneaux que je trouve. Seulement il y a une ville qui revenait sans cesse : Marseille. Je n’y prête pas attention. Notre voyage dure quelques 30 minutes pendant lesquelles nous parcourons les 34 kms.

Je pense que vous aurez compris que la destination n’était pas la plage. D’ailleurs à ce moment-là je suis surpris qu’on s’arrête en haut d’une rue. Nous étions arrivés.

Surpris mais pas inquiet je sors de la voiture mais là il va se produire pendant un très court instant quelque chose qui me marquera à jamais :

Mon beau-père, dans un silence de plomb, ouvre le coffre et à l’intérieur se trouvaient mes valises. Sur le moment je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Il prend la valise, ferme le coffre et on se dirige tous les deux au 124 de ce boulevard. Je reconnais ces endroits… Vous l’aurez compris, je venais d’être officiellement « placé » en foyer.

Note : je mets le mot placé entre parenthèses pour une bonne raison. Vous comprendrez pourquoi au fil des pages.

 

Chapitre 5 : La démonstration d’un système moyen-âgeux

Ce foyer, ou plus précisément cette maison d’enfants à caractère social, a été un lieu magique, un endroit où j’ai fait des rencontres incroyables. C’est un lieu où j’ai grandi d’une manière que peu de jeunes connaissent : la vie à la dure. C’est un lieu magique certes, mais un lieu qui fait entièrement partie d’un système, au point d’en être un piège à ces inconvénients. Et croyez-le, ils sont conséquents, tellement conséquents que si un jeune n’a pas une force de vaincre, une force de vivre, il peut en mourir. Certains jeunes que j’ai connus au fils des années, ne peuvent plus en témoigner…

Ce foyer avait la particularité unique en France à cette époque d’être, selon le terme employé  « sanitaire ». Pour comprendre, il faut savoir que cette MECS fait partie d’un ensemble de diverses structures un peu partout à Marseille. Cette association11 s’occupe de jeunes adolescents, mais également de jeunes enfants en ITEP12, en IME13. Elle possède également en son sein, un hôpital psychiatrique de jour14 et 3 MECS dont la MECS Longchamp15.

La MECS Longchamp était la benjamine de cette association en 2003. Si vous désirez plus d’information sur l’association, rendez-vous sur le site internet : http://www.serena.asso.fr/

Il se trouve que j’aurais du rester seulement 2 à 3 semaines dans ce foyer, mais au final j’y suis resté exactement 5 ans et 9 mois.

Note  : contrairement à la première édition du témoignage, je ne vous ferai pas part de toutes mes « aventures » au sein de la MECS. Je vais plutôt m’attarder sur les derniers points des multiples révélations que j’ai reçues au fil de ces dernières années.

Il est évident que c’était la foire pendant ces années-là. Ah qu’est-ce que je m’amusais ! Au fil des rencontres avec pas moins de 250 jeunes, on a ri, on a pleuré ensemble. On était une bande à part. On a fait la « misère » aux éducateurs, et pensez bien que nous le faisions de bon cœur ! On avait plus de contraintes que d’avantages, mais on arrivait toujours à s’en sortir, du moins le pensait-on.

Car oui, personne ici n’oubliait qu’il était placé et que son futur devenait de plus en plus incertain.

Pourrions-nous rejeter la seule responsabilité sur nos éducateurs ? La réponse est non.

Et ça, je ne m’en rendrai compte qu’à partir de 2011, soit plus de 2 ans après mon départ.

Pour comprendre le milieu de la psychiatrie, il faut surtout se tourner vers le point où peu de personne osent poser les yeux et fouiner ; là où se prennent les décisions.

Note : Quand je fais mention de la psychiatrie, je fais bien sûr mention de la pédopsychiatrie et pas de la psychiatrie adulte qui est sur beaucoup de points très différente.

Tu te calmes, ou alors on te pique !

Dans ce foyer j’ai connu toutes mes « premières fois » :

Première cigarette, première copine, premier ennemi juré, premier ami, première fugue d’une nuit, première fois que je prenais le métro, première fois passée à la TV dans un reportage pour une chaîne publique, première drogue, première fois que je prends un bateau pour quitter la France, première fois dans les Alpes, première crise de jalousie, de remords, de déprime sévère, d’anorexie, première fois placé en famille d’accueil.

Il se trouve aussi que j’étais précoce au niveau de l’indépendance, suite à mon année précédant mon arrivée au foyer. C’est ainsi qu’à 12 ans, je prenais déjà le bus et j’explorais tout Marseille… seul !

Aussi surprenant que ça puisse paraître, l’année 2003 reste la meilleure année de ma vie.

Mais voilà, le semblant de liberté que j’avais, que je pensais avoir, s’est terminée le jour où mon psychiatre a commencé à me prescrire des médicaments psychotropes et ce… dès l’âge de 13 ans !

Certains d’entre vous pensent que c’est scandaleux, mais attendez de lire la suite, c’est pire que cela….

A partir de 2008, je voulais en finir avec ces médicaments, et c’est à ce moment-là que je commençais petit à petit à me sevrer avec une boisson bien connue de tous mais totalement interdite pour nous…. le café

Sachez qu’à 16-17 ans, je faisais de la tachycardie car je buvais chaque jour pas moins de…. 21 cafés.

Comme cela nous était interdit, j’avais trouvé une petite faille, la cuisine du château qui se trouvait à 20 mètres de notre nouvelle maison16.

Nul besoin de vous expliquez que les effets des psychotropes étaient très peu visibles, car l’effet de la caféine prenait le dessus. Donc j’étais tous les jours énervés. Quand je prenais un peu de café, j’allais super bien, je refaisais le monde, mais il suffisait d’une tasse de plus pour que l’énervement et la douleur apparaissent et le final fut le plus catastrophique, étant donné que je ne mangeais pratiquement plus. Résultat : perte significative de poids, perte de connaissance, fatigue extrême, et totale perte d’appétit.

Ce fut un passage terrible certes, mais nécessaire. Car c’est finalement grâce à cela que j’ai été définitivement désintoxiqué de toutes sortes de médicaments mais il y a eu un moment où un directeur d’une autre association m’a fait sortir de SERENA en urgence, sinon c’était la mort qui m’attendait.

« La psychiatrie est encore au stade du moyen-âge »

Ces mots-là, me viennent directement d’une psychologue qui m’a soutenu dans ma quête de vérité… et oui, c’est effectivement le cas.

Le problème est simple mais à la fois tout aussi complexe et au vu de l’état de notre monde, je doute qu’il soit résolu.

En juillet 2017, je suis parti une semaine en vacances à Marseille et je suis allé chez une ancienne infirmière qui s’occupait de moi au foyer avec qui nous avions un lien qui est beaucoup plus profond. Il n’y a pas de lien patient-soignant entre nous et c’est aussi pour cela que je me suis permis de pointer le doigt sur le sujet des médicaments prescrits avec une aisance extraordinaire. Seulement voilà, elle m’a révélé quelque chose de totalement incroyable qui démontre d’une manière stupéfiante l’injustice de ce monde :

Si un enfant est placé, même si toute la responsabilité vient des parents, le système ne peut rien pour lui.

Que faut-il comprendre par là ? Tout simplement que si les parents sont de très mauvais parents, en délaissant leurs enfants, en les maltraitant etc… La personne qui récolte les pots cassés, c’est l’enfant.

Et c’est là le plus gros problème de la psychiatrie mais spécifiquement de l’action sociale, protection de l’enfance et j’en passe.

Donc si le pauvre jeune, qui a été lâchement abandonné par ses parents, agit de mauvaise façon, c’est uniquement lui qui récoltera tout, les parents eux ne sont pas inquiétés !

Cette infirmière, m’a avoué que c’est totalement injuste, mais qu’ils ne peuvent absolument rien faire si ce n’est de donner un peu de couleur et de gaieté, car le décisionnaire absolu, c’est l’État au travers de l’Aide Sociale à l’Enfance.

La chef de service de la MECS avec qui j’ai toujours gardé contact, une personne d’une simplicité et d’une gentillesse incroyable m’a dit un jour :

  • C’est totalement inhumain ce que l’on fait subir, c’est vrai !

Une personne qui connaît à ce point les services sociaux et qui m’avoue ça, c’est quand même incroyable, mais malheureusement c’est juste ! Alors que faire contre ça ?

Peut-on laisser le système nous consumer jusqu’à en crever ? Peut-on réellement combattre le système, afin qu’à son tour il plie les genoux ? Si oui, comment ?

 

Chapitre 6 : Le combat de toute une vie

Ne tente pas, tu ne pourras jamais gagner contre eux ?

Le temps passe si vite. Arrive enfin l’âge de ma majorité. J’ai attendu avec impatience mes 18 ans, je voulais enfin voler de mes propres ailes. Seulement ce ne fut absolument pas le cas et ce pour diverses raisons.

Bien que placé en foyer dès mes 12 ans, je n’ai plus suivi de scolarité. D’ailleurs je n’ai plus été scolarisé dès ma 6ème (ce qui est totalement contraire à la loi qui dit que la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans). Le seul certificat que j’avais empoché c’était le CFG17, l’équivalent du brevet des collèges en 2006. Pardon, si, j’ai effectivement été scolarisé en octobre 2003, mais dans un collège de…. sourds et muets ! Autant vous dire que j’ai vite mis fin à cette mascarade.

J’ai fait également, pendant mon très long séjour au foyer, différents stages chez des vétérinaires, afin d’être en contact avec les animaux, mais aussi, pour être très loin du foyer, même pour quelques heures.

Donc voilà, ma 18ème année arrive, et je fais face à un dilemme : qu’allais-je bien faire de ma vie ? Trouver un appartement et travailler ? Que nenni ! J’ai opté pour une solution…

  • Tu trouveras plus facilement du travail

C’est sous ces mots exactement que l’on m’a proposé (obligé serait plus juste) la reconnaissance de travailleur handicapé. Autant vous dire que je n’étais pas du tout ravi de cette proposition. Je voulais vite en finir avec ce système. Faut-il vous dire qu’évidemment ils ne m’ont pas demandé mon avis…. bien sûr !

Mais si seulement il n’y avait eu que ça… Non !, parce que ceux qui s’occupaient de moi possédaient des idées géniales mais illimitées bien sûr !

Suite à 2 procès contre viol que j’avais gagnés, j’ai reçu une certaine somme d’argent qui était bloquée jusqu’à ma majorité.

Selon vous, quelle idée brillante ont-ils eu ? Une curatrice bien sûr ! Et là aussi, on m’en parle, mais me demander mon avis, sûrement pas !

18 ans, sans travail, sans domicile, une mesure curatelle renforcée et une RQTH18 en poche tout de même ! Quel magnifique départ dans la vie active pour un jeune n’est-ce pas ?

Donc voilà, je pensais m’envoler, j’ai plutôt finit écroulé, du moins ont-ils essayé, car une question s’est posée face à ses décisions :

Que dit la loi ?

Et c’est à partir de cette simple question absolument et totalement innocente que va commencer un combat contre tout un système.

Alors pour rassurer tout le monde, je n’ai pas fini dehors, non ! Suite à mon départ d’urgence du foyer, j’ai été accueilli par plusieurs familles d’accueil de part et d’autre en France. Le lundi 11 mai 2009, je suis parti dans ma dernière famille d’accueil, celle qui est devenue bien plus…

J’avais prévu de faire plusieurs contrats Jeune Majeur19, jusqu’à être prêt à m’envoler.

Entre ma majorité et le moment où j’ai reçu la RQTH en tant que tel, ainsi que la curatrice, ce fut assez long (environ 4 mois) pendant lesquels j’étais libre.

Des doutes ont commencé à s’installer très doucement.

La première de toutes les questions que j’ai posée durant 3 ans est simple :

Qui a décidé tout ça ?

Il se trouve qu’aux yeux de la loi française, j’aurai pu avoir la réponse très vite. Car en effet, chaque adolescent placé en foyer, peut, dès sa majorité, demander à avoir accès à son dossier personnel, y compris médical. C’est la loi. Mais un représentant de l’Etat respecte t-il vraiment la loi ? NON !

Maintenant je vais vous expliquer comment j’ai pu, littéralement et sans exagérer dans mon propos, faire trembler tout un système.

Pour être en règle avec les lois, j’ai posé la question « Qui a décidé tout ça ? » directement à l’ASE. Sa réponse :

  • Je ne sais pas ! – On ne sait pas !

Il faut savoir que lorsque je faisais ma petite enquête, je me renseignais uniquement auprès des personnes qui connaissaient bien la réponse : l’inspectrice générale de l’ASE, mon assistante sociale, une des nombreuses psychologues qui étaient présentes à toutes les synthèses etc… Donc autant vous dire que leur réponse me semblait plutôt suspecte. Alors une évidence a été mise en lumière :

On me cachait bel et bien quelque chose, mais quoi ?

Avant d’enquêter comme il faut auprès des personnages, je me suis renseigné dans les livres, et pas n’importe lesquels : le code du Travail, le code de la Santé etc…

J’ai regardé de nombreuses émissions TV sur des personnes mises sous tutelle et curatelle. Je me suis renseigné énormément sur internet via de très nombreux forums, j’ai posé des questions directement sur le forum d’une célèbre émission afin d’y voir plus clair.

Mais plus je cherchais, plus je voyais quelque chose qui n’allait pas. Plus le temps passait, plus j’essayais d’en savoir davantage à chaque RDV avec une des personnes qui me suivaient, et à chaque fois la même réponse m’était faite :

  • Je ne sais pas ! On ne sait pas !

Pire encore une personne m’a dit :

  • Oui, j’étais là aux réunions,

Donc ma question était posée et la réponse était toujours la même :

  • Je ne sais pas ! On ne sait pas !

En début de chapitre, j’ai mis une citation :

« Ne tente pas, tu ne pourras jamais gagner contre eux ? »

Cette phrase m’a été dite de nombreuses fois au début de ma quête par des personnes qui me sont proches, et il est vrai qu’au fil des mois, j’avais surtout l’impression d’être pris pour le plus grand des imbéciles, et on aurait pu penser de moi que j’étais à la limite de la paranoïa.

Ces mêmes personnes qui ont tenté de me dissuader, pour ma protection, voyaient au fur et à mesure que quelque chose n’allait pas et la première personne à le voir ce fut ma curatrice.

A ce moment-là, j’ai vite compris qu’effectivement il y a avait quelque chose de pas normal, mais surtout que j’étais bien normal. Au fur et à mesure, de plus en plus de personnes se posaient des questions concernant le très mystérieux silence de l’ASE.

Par un acte totalement désespéré, j’ai envoyé une lettre de menaces au Président du Tribunal de Grande Instance de Marseille, afin qu’il m’aide. J’étais désespéré mais déterminé à tel point que personne sur terre n’aurait pu m’arrêter.

Un de mes éducateurs m’a conseillé de laisser tomber, « pourquoi creuser le passé, il faut avancer » Sauf qu’il est bien là le problème, commencer à avancer, je ne savais même plus qui j’étais, je ne savais rien de mon passé.

Bien sûr étant donné que l’ASE n’était pas la seule à pouvoir répondre à ma question, je me suis dirigé auprès de la MDPH de Marseille afin d’avoir une copie de mon dossier médical. Je ne savais qu’une chose concernant mon dossier médical pour la RQTH, c’est que, lors de ma première visite médicale pour ce dossier, le médecin m’avait dit exactement ces mots :

  • Tu as beaucoup souffert dans ta vie, mais tu t’en es sorti.

Malgré tout, comme le disait ma mère, les psy peuvent te dire quelque chose, mais écrire son contraire ???…

J’ai reçu une réponse… 10 mois plus tard, dans une enveloppe « CONFIDENTIELLE » à moitié chiffonnée qui contenait une simple lettre qui disait simplement que je n’avais pas le droit de faire la demande car j’étais placé sous curatelle.

Tout naturellement, je me suis rendu dans les textes de lois et surprise ! C’était totalement faux20 !

D’ailleurs ma curatrice a été très surprise de leur réponse.

Quelques temps plus tard, j’ai reçu un courrier provenant du TGI de Marseille. Le Juge des Tutelles m’avait enfin entendu et me proposait un rendez-vous… 6 mois plus tard !

J’étais content, mais je ne suis pas resté inactif dans mes recherches et j’ai continué à me rendre à l’ASE, même pour avoir des rendez-vous de seulement 15 minutes.

Comme vous l’aurez compris, je voulais une réponse, mais l’ASE ne voulait rien me dire.

Avant mon RDV chez la Juge des Tutelles, j’ai pris avec moi absolument tous les contacts de tous les médias nationaux, ainsi que du Palais de l’Élysée, du Ministère de la Santé et du Travail. Je voulais bien lui montrer que si le TGI ne fait rien pour moi, j’irais plus haut.

En plus de mon annuaire un peu spécial, j’avais préparé un carnet dans lequel j’avais préparé toutes mes questions. Le jour de l’audience arrive. Etant donné que, pour des raisons personnelles ma curatrice ne pouvait pas venir, j’ai exigé qu’une personne soit présente afin d’être témoin. Donc sa remplaçante, que je n’ai vue qu’une fois d’ailleurs, est venue. Pour être bien certain d’être juste, je lui ai demandé juste avant l’audience si j’avais le droit de faire les demandes de dossiers moi-même ou si je devais passer par la curatrice. Elle m’a encore une fois confirmé, que je pouvais le faire moi-même.

A peine rentré dans le bureau, j’ai immédiatement donné le ton, cette fois-ci c’est moi qui allait exiger et non l’inverse :

  • Écoutez-moi, cela fait 3 ans que je cherche à consulter mon dossier, on refuse, on me balade de bureau en bureau. Je sature. Et je vous le dis si vous ne voulez pas, ou ne pouvez pas m’aider, j’irais encore plus haut.

A ce moment-là je lui ai montré mon annuaire spécial pour bien lui faire comprendre que je ne plaisantais pas. Elle voyait très bien que j’étais déterminé. Donc voici sa réponse :

  • Les demandes que vous avez faites, vous les avez faites dans le respect de vos droits et de la Loi. Alors voici ce que vous allez faire : vous écrivez à la MDPH, vous leur dites ce que vous leur avez déjà dit mais vous rajoutez ceci : « Si vous ne prenez pas en compte mes attentes, je serai dans l’obligation de déposer plainte contre vous auprès du Procureur de la République sous ordre de Mme La Juge. »

Soulagé qu’elle me donne son soutien, je me permets une autre question, est-elle en possession des rapports d’expertises psychiatriques et/ou psychologiques comme le demande la loi de mars 2005, et là surprise, elle en a bien un, un seul et voici ce qui est écrit dessus :

  • Monsieur S… N…. est né d’une fratrie de 5 ans, il a beaucoup souffert dans la vie mais il s’en est sorti.

Il faut savoir qu’elle-même fut très surprise de voir ce document dans mon dossier. Ensuite, elle m’a simplement dis avec une extrême gentillesse : « je suis derrière vous ! »

Il faut avouer qu’à la sortie du TGI j’étais libéré d’un poids énorme. Moi qui luttais depuis 3 ans, qui était à bout de force, j’avais ENFIN le soutien que je voulais et c’est exactement le soutien qu’il me fallait car à peine un mois après ce rendez-vous, tout à été libéré d’un coup.

J’ai envoyé la lettre à l’ASE tel que m’avait conseillé la juge, mais j’ai tout de même ajouté mon annuaire spécial en bas de page, et aussi que ce courrier serait envoyé en copie au TGI, à la MDPH, à l’UDAF, à l’Association SERENA et à l’Association Oxygène (l’association des familles d’accueils).

La première des réponses que j’ai reçues fut celle de la MDPH. Petit moment de colère, car dans ce courrier se trouvait juste 2 notifications que j’avais déjà reçues plusieurs mois auparavant.

La seconde réponse m’est venue, surprise, de l’Association SERENA qui comportait un dossier à remplir et à envoyer. Je fus surpris de leur réponse, étant donné que le principal dossier qui m’intéressait était celui de l’ASE. J’ai donc tout rempli et envoyé et j’attendais mon RDV. Mais….

La troisième réponse, la plus importante m’est venue de l’ASE ! Enfin ! Et autant vous le dire, s’il y a un rendez-vous que j’aimerais revivre c’est bien celui-là.

Je me suis rendu sur place, là encore avec ma curatrice, car vous l’avez compris je voulais des témoins, et je dois dire que j’étais content mais à la fois stressé. Parce que je me posais la question : « vont-ils encore me faire tourner en bourrique ? »

  • Monsieur Stef, je ne veux pas de problème avec la justice. Votre dossier est déjà prêt, il se trouve à côté !

Ces mots-là me resteront gravés à tout jamais ! Ce sont les (tremblants) mots exacts prononcés par l’Inspectrice de l’ASE ! Je dois vous avouer quelque chose ; j’étais très sérieux… mais seulement en façade, car au plus profond de moi je jubilais ! J’avais enfin fait plier le système ! Mais pour en être convaincu, allons dans le bureau chercher les réponses.

Cette fois-ci je n’avais pas un témoin, mais deux. J’avais également exigé que mon assistante sociale soit présente.

Posés sur un grand bureau, un dossier. Mais un énorme dossier qui rassemblait presque 10 ans de ma vie.

Dans ce dossier il y avait de tout, des factures, des tickets de péage, des photos même. J’ai épluché chaque feuilles et soudain un courrier…. un courrier provenant du Tribunal d’Aix-En-Provence :

  • … Le Service gardien fait la demande de soustraire une partie de l’autorité parentale de Mme S… et M. G. afin de pouvoir faire les demandes de placement de protection curatelle ainsi que la reconnaissance de personne handicapée…

Le Service Gardien, comprendre l’ASE. Donc à ce moment-là, je me tourne vers mon AS et je lui demande :

  • Donc c’est vous qui en avez fait la demande ?

Elle me répond un simple oui timide.

Là j’ai senti une boule de colère me monter :

  • Pourquoi vous ne me l’avez pas dit depuis tout ce temps ?

Elle ne savait bien sûr quoi répondre !

En fouillant encore, j’ai trouvé un très curieux rapport de mon entrée à la MECS :

  • « … Mme Stef semble avoir abandonné Nathaniel, elle est partie en séjour de thalassothérapie pendant une semaine, Nathaniel réclame beaucoup sa sœur et ne comprend pas ce qui lui arrive… »

J’ai fait également beaucoup de découvertes, notamment le pourquoi je n’ai pu être scolarisé en temps et en heure.

J’étais donc satisfait de ce rendez-vous, mais croyez-moi, je n’en avais pas fini avec eux…

Quelques temps après, j’obtiens également mon rendez-vous pour consulter mon dossier médical à SERENA avec le psychiatre qui me suit depuis mes 12 ans. Bon tout pareil, curatrices, papiers etc…

Alors ce rendez-vous a été particulier notamment au niveau consultation de dossier, car il n’y avait rien à voir dedans. Cependant il fut riche en discussion. Il y a deux choses que mon psy m’a dites :

  • « Je n’ai jamais vu un jeune, jamais un seul, faire tout ce que tu as fait pour obtenir ce que tu voulais ! » et « Ta mère est instable »

Cette dernière révélation m’a fait doucement rigoler, car pendant toutes ces années, on m’avait fait passer pour quelqu’un d’instable, alors qu’au final c’était bien ma mère.

Pensez-vous que s’en est fini des révélations ?

Absolument pas !

Je venais juste de remporter un combat, mais la guerre, elle, n’était pas finie.

 

Chapitre 6 : Pourquoi ?

J’aurais pu avancer dans ma vie normalement. J’avais ma réponse, j’étais super content, mais seulement voilà…. il me manquait une très grande partie du puzzle.

Maintenant je savais avec certitude que l’ASE avait fait la demande de retrait partiel de l’autorité parental à ma mère et à mon père… sur le moment je ne me suis pas vraiment posé la question du pourquoi ?

J’ai aussi été surpris d’être abandonné par ma mère… c’est un événement qui m’a été caché volontairement.

Je pense aussi qu’après cette lutte, qui malgré les apparences est une lutte féroce entre un jeune et tout un système. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais c’est bien ce que j’ai fait. Après cette lutte, je pense qu’il me fallait un peu de repos, et la réponse du pourquoi allait me venir de plusieurs personnes, sans que je la cherche…

Concernant la mise en place de la curatelle renforcée, la seule et unique raison qui m’a été donnée et plusieurs fois confirmée : Afin de me protéger de ma mère.

C’est assez étrange, mais c’est la triste vérité. Cette vérité j’ai mis très longtemps à la voir, tant elle faisait mal.

Vous pourriez trouver la conclusion quelque peu hâtive, c’est assez vrai, mais pour comprendre comment tout s’est passé, il va me falloir repartir dans le passé.

Pour cela, je vais utiliser les informations qui me sont parvenues au fil des mois et des années qui ont suivi le dernier RDV à l’ASE et pour conclure, je vais expliquer de quelle manière extraordinaire ma vie a littéralement changé, et comment la vision que j’avais a été chamboulée.

  1. Connaissance et passé de mes parents jusqu’à ma naissance.

Je vais ici donner quelques informations qui me viennent de ma mère, donc il se pourrait qu’il y ait des mensonges, encore, mais malheureusement, c’est ainsi.

Ma mère et mon père se sont connus très jeune en foyer.

Ma mère a été pupille de l’État pendant très longtemps (je ne sais pas si cela a duré jusqu’à sa majorité). Sa mère l’a, semblerait-il, abandonnée très jeune et avec son père, pour le peu que j’en sache, leur relation n’était pas vraiment idyllique. Elle a été élevée pendant plusieurs années par sa grand-mère, qui selon elle était une femme d’une extrême méchanceté, et son grand-père qui, lui, était tout le contraire. Je sais que lorsque mon arrière grand-père maternel est décédé lorsque j’avais entre 8 et 10 ans, ma mère a été effondrée. Ma mère a 3 frères encore en vie et une sœur qui est mort-née. Je ne me rappelle plus très bien à partir de quand ma mère (ainsi que ses frères) ont été placés. Mais je sais que c’est à partir de là que mes parents se sont connus.

Mon père a été également placé tout jeune. Je ne saurais dire exactement la cause de ce placement, cependant je sais que sa mère, était une femme très méchante. Son père, lui, était quelqu’un, pour le peu que je l’ai vu tout au moins, de très doux. La relation entre ma grand-mère paternelle et mon père était très chaotique. Ils se haïssaient l’un et l’autre. Quand mon père a rencontré ma famille maternelle en foyer, il s’est tout de suite très bien entendu avec ma mère et l’un de mes oncles. Ma mère, mon oncle et mon père m’ont raconté énormément de détails sur leur jeunesse, leurs galères et leurs magouilles.

Une amitié qui évoluera, d’un côté ou de l’autre, je ne saurai le dire, pendant un voyage en camion et c’est ce jour là que j’ai été, semblerait-il, conçu.

Malheureusement, selon les propos de ma mère, à mon égard, je suis un accident. Il semblerait que dans l’esprit de ma mère ça soit ainsi, car ma mère avait déjà été mariée plusieurs années avec un homme avec qui elle a eu 2 enfants. Peut-être que mon arrivée n’était pas du tout prévue et surtout pas désirée.

Concernant les sentiments qu’ils auraient pu avoir, il existe deux versions et à ce jour je ne sais pas laquelle est la vraie mais peu importe. Je sais deux choses : soit mon père était fou amoureux de ma mère, soit ma mère était follement amoureuse de son argent.

  1. De ma naissance à ma jeunesse

Au début de ce témoignage, j’ai fait mention de ce qu’aurait dis mon père lorsqu’il m’a vu dans le berceau quelques jours après ma naissance : « ce n’est pas mon fils ». Ce propos a pu être dit car un détail que j’ai eu après diverses recherches, est que mon père m’a reconnu en tant que fils en juillet 1992, soit un peu plus d’un an et demi après. Ma mère m’a dit que c’était elle qui avait longuement insisté pour qu’il le fasse.

Étant donné les divers séjours en prison que faisait mon père pour divers crimes, ma mère aurait refusé qu’il soit davantage présent pour moi afin que je ne puisse pas voir mon père se faire embarquer par la police toutes les semaines.

Concernant l’amour qu’avaient mes parents à mon égard, c’est assez abstrait. Mon père m’aimait sans doute, mais il ne me l’a que très rarement, voire jamais, montré. Ma mère, au risque d’en perturber quelques-uns, ne me portait sans doute pas dans son cœur.

Après tout, comment peut-on agir de cette sorte envers la chair de sa chair et le sang de son sang ?

  1. Lorsque le cœur est mis en lumière

Au cours de l’année 2006 ou 2007, ma mère est repartie vivre à Metz suite à sa séparation d’avec mon ex beau-père. Bon cela ne s’est pas fait sans difficulté, mais il faut tout de même savoir qu’à ce moment-là j’étais toujours à la MECS Longchamp et vous savez quoi ? Je n’ai appris le départ de ma mère que bien plus tard ! Allons bon, on m’a dit que c’était pour que je ne m’inquiète pas mais franchement j’en doute. Quoiqu’il en soit, ma mère est arrivée avec ma petite sœur et la situation de vie fut quelque peu mouvementée. Elle a mis plus d’un an et demi pour trouver un appartement. En 2008, en juillet précisément, je suis parti « en vacances » chez elle pendant 3 semaines et ce fut 3 semaines très dures à supporter : je passais des heures dans le couloir de l’immeuble assis… Bon après ces « vacances », j’ai eu la chance d’avoir une seconde période de vacances à Paris, 2 semaines où j’ai pu récupérer et apprécier chaque moment. Si je vous parle de ces « vacances » en 2008 chez ma mère, c’est pour signaler un petit point : c’est la dernière fois que j’ai dormi chez ma mère… mais pas la dernière fois que je la voyais.

A partir de mes 18 ans, j’avais donc accès à mes comptes bancaires. Donc j’en ai profité avant d’avoir les comptes bloqués par le juge et je suis parti plusieurs fois à Metz, voir ma mère bien sûr.

Seulement voilà, sachez que je dépensais au moins 300 euros pour l’hôtel, car il était plus évident que je n’allais pas dormir à la maison, ma mère ne le voulait tout simplement pas, alors que je passais toutes mes journées sur place, mais je dépensais également au moins 200 euros pour les courses et autres broutilles. N’y a t-il pas quelque chose qui cloche ?

Il faut savoir qu’à cette période, je trouvais cela tout à fait normal au grand dam de ma famille d’accueil qui n’avait de cesse de m’avertir sur le caractère plus que tordu de ma mère.

J’ai ouvert les yeux un jour, lorsque j’ai réellement vu et compris que ma mère me prenait pour une banque et que si je ne répondais pas favorablement à sa demande, elle pouvait me laisser 9 mois sans nouvelles de sa part.

Un jour comme un autre, ma sœur m’appelle et me demande 10 euros. Etant sous curatelle je ne pouvais pas lui dire oui. Sa réponse m’a alors vraiment surpris :

Ben demande à ta famille d’accueil !

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que sur mon portable de l’époque j’avais mis une application d’écoute téléphonique. Donc dès que ma sœur a raccroché, j’ai immédiatement fait écouter l’enregistrement à ma famille d’accueil qui est restée totalement stupéfaite.

Plus tard, en janvier 2012, ma sœur me demande 250 euros afin qu’elle puisse faire le voyage organisé par son école en Angleterre. Je lui ai dit que j’allais demander à la curatrice, ce que je n’ai pas fait connaissant déjà la réponse défavorable que j’allais recevoir.

Pendant des jours on s’est téléphoné avec ma mère et ma sœur, on discutait pendant des heures de tout et de rien, mais avant de raccrocher, l’une ou l’autre revenait toujours à ces 250 euros.

Un jour, nous avons passé plus de 6 heures au téléphone avec ma mère, l’appel s’est terminé au environ de 4 heures du matin. Il s’est terminé de manière totalement normale. Seulement voilà, le lendemain, ma mère me rappelle et me dit que ma sœur demande si j’avais les 250 euros ou si la curatrice avait répondu favorablement. Je lui ai dit que non.

Un mois plus tard, j’envoie juste un petit texto à ma mère pour lui dire qu’étant donné que je me rendais dans l’Est, je pourrais venir à Metz pour leur faire un coucou. Voici sa réponse :

  • On n’en a marre des gens qui nous manipulent.

Le plus drôle dans l’histoire c’est que je n’ai plus eu de nouvelles d’elles durant 8 mois. Là j’avais déjà compris l’essentiel, compris qu’elles me prenaient pour un bouche trou et surtout un porte-feuille. Donc le jour de l’anniversaire de ma sœur, je décide de voir jusqu’où elles pourraient aller. J’envois simplement un petit texto :

  • Joyeux anniversaire, tu veux quoi ?

Après des mois de silence, étrangement je reçois une réponse :

  • Un ordinateur portable.

Mais quelques minutes plus tard elle me dit :

  • Pas la peine, après tu vas dire à ta curatrice qu’on devra le rembourser !

Donc voilà, là j’étais obligé de voir la vérité.

Le plus surprenant des messages que j’ai reçus de ma propre mère résume parfaitement tout. Je m’explique :

Pour ne pas changer, plus de contact pendant des mois et même des années. Entre temps j’avais déménagé etc… Comme j’ai toujours le réflexe de tendre la main, j’envoie un texto très simple :

  • Coucou maman, comment tu vas ? Dis-moi, pourquoi ce silence ?

Sa réponse m’a fait rire jaune :

  • Parce que je me suis éloignée de ceux qui me rappellent le passé et la misère, je dois prendre du temps pour ta sœur !

Là, je n’ai rien répondu. Donc pour ceux qui n’aurait pas compris, la misère, c’est bien moi.

Encore une fois, je me pose cette question : est-ce qu’une mère qui dit aimer son fils pourrait lui parler de cette manière ? – La réponse est non ! Est-ce qu’une mère qui aime son fils lui dirait à 10 ans :

  • Lorsque je te regarde, je vois le diable dans tes yeux !

Il semblerait donc que toutes les personnes qui se sont occupées de moi tout ce temps, m’ont protégé de cette personne ou tout au moins ont essayé de le faire. Mais pourquoi me protéger autant me demanderez-vous ?

Il se trouve qu’avant j’avais une fascination pour ma mère. Ma mère je l’aimais plus que tout. Je faisais tout pour recevoir son amour, absolument tout ce que je pouvais. Et même si je devais mettre la main au porte-feuille pour cela, je n’hésitais pas.

On me l’a très bien dit : j’ai tout fait pour recevoir l’amour, qui me revenait de droit, de ma famille, de ma mère en particulier, mais ma mère elle, ne m’aime pas.

Sachez que pour apprendre cette leçon, j’ai mis plus de 18 ans, et c’est l’une des leçons qui m’a fait le plus de mal.

Car pour ma mère j’avais un lien fusionnel, vraiment fusionnel, mais ce lien n’était alimenté que d’un côté : le mien….

Un jour je lui ai posé une question toute simple :

  • Comment peux-tu te regarder dans un miroir et ne ressentir aucun remord ?

Note : A l’heure où j’écris ces lignes, à savoir le 25 octobre 2017, les liens entre ma mère et moi sont totalement rompus. J’ai du mettre fin moi-même à la manipulation de ma mère. La dernière fois où je l’ai eue au téléphone après un an et demi de silence de ma part, c’était le 26 décembre 2016, pour l’informer du décès de mon père. Elle a ensuite essayé encore de me manipuler à sa manière, j’ai dis stop et depuis je ne cherche plus de lien.

 

Chapitre 7 : Lorsque la vie bascule

De quelle manière j’ai été bousculé dans ma vie ?

Par quel miracle j’ai réussi à rebondir malgré ce passé tumultueux ?

C’est ce que je vais vous raconter maintenant. Mais avant, j’aimerais vous faire un récapitulatif de mes « morts évitées »

  1. Pendant la grossesse, mon sang et celui de ma mère, s’attaquèrent. Je n’ai plus le nom exacte, mais ce que je sais c’est que normalement je n’aurais pas du naitre (déjà que je suis un accident…)
  2. A 1 an et demi, j’ai donc failli mourir écrasé par mon lit.
  3. A partir de 4 ou 5 ans, on a diagnostiqué une mucoviscidose intestinale, mon espérance de vie était alors de maximum 23 ans. A 7 ou 8 ans j’en fus totalement guéri.
  4. Lors de l’incendie que j’ai accidentellement causé à 5 ans et demi.
  5. A 7 ou 8 ans, je fus écrasé par une voiture. Par miracle je n’ai rien eu du tout, à part que je boitais un peu. Ma mère ne l’a jamais su.
  6. 2 trous à la tête, un causé par mes pirouettes à 6 ans et le deuxième à 12 ans, lorsqu’un éducateur de la MECS m’a violemment jeté dans les escaliers (il a été bien évidemment viré).
  7. Cette même année, alors que je dormais au 5ème étage de l’immeuble du foyer, j’étais sur le balcon pour prendre l’air en soirée. Un bloc d’au moins 50 centimètres se brisa sous mes pieds et s’écrasa dans la rue.
  8. Je me suis étouffé avec une tomate sans que personne ne le voie alors que nous étions dans le bateau pour un voyage en Corse, c’était en mai 2005.
  9. Bien sûr comme décrit dans ce témoigne, là où j’aurai pu mourir si on ne m’avait pas sorti de ce foyer et correctement pris en charge, c’était de ma période de non alimentation et de surconsommation de café entre 2008 et 2009.

Voilà donc le nombre de fois où j’aurais du mourir. Mais je devrais en rajouter une :

  1. Il faut savoir qu’en raison de toute mon histoire, que beaucoup connaissent dans son intégralité, toutes ces personnes vous diront la même chose : il aurait dû mourir, c’est un miracle qu’il soit ici.

Car oui, c’est bien un miracle que je sois encore là en 2017. Mais finalement, d’où vient-il ce miracle ?

En mai 2009, on décida de me changer de famille d’accueil, ce qui était normal étant donné que ces familles ne gardent pas les jeunes durant une période très longue, et de me faire passer en Oxygène, donc de me placer dans une famille de ce service.

Note : L’association des familles d’accueil dans laquelle j’étais entre 2008 et 2012 s’appelait AZOTE21, mais au fil du temps et des améliorations, un autre « service » a vu le jour au sein d’AZOTE, et son nom est OXYGENE. Ce dernier est plus une entreprise qu’une association ce qui fait que les financements ne sont pas les mêmes. Par exemple, et là je fais au plus simple, les jeunes d’Azote faisaient des séjours courts en familles alors que les jeunes d’Oxygène, des séjours longs.

Il se trouve que par un hasard tout bête j’ai été changé de famille : un simple appel non-répondu. On avait décidait de me placer à Narbonne mais étant donné que la famille n’avait pas répondu à l’appel, on m’a placé à quelques kilomètres de Salon-de-Provence.

Donc le lundi 11 mai 2009, me voici à Salon-de-Provence dans une maison de campagne, une maison très reculée.

Personnellement je ne voulais pas venir dans cette famille, je m’étais trop attaché à la famille dans laquelle j’étais à Béziers, d’ailleurs je me souviens d’une phrase que je leur ai dite en les quittant :

  • Je m’en fous, une fois arrivé là-bas je vais fuguer pour revenir chez moi.

Il se trouve que je suis bien arrivé dans cette nouvelle famille, mais qu’une fois sur place l’envie de fuguer m’a très vite passé.

J’avais reçu un privilège en arrivant là-bas : c’est de pouvoir avoir une véritable indépendance, car au lieu de dormir dans la maison comme tous les jeunes, il y a avait une caravane dans le jardin et c’est dedans que j’allais faire mon chez-moi.

Dans cette nouvelle famille, j’ai ressenti une atmosphère inconnue jusque là. Encore aujourd’hui je ne saurais pas poser de mot, mais pour autant je prenais d’énormes distances avec cette famille.

Il est vrai que d’une part la frustration d’avoir du changer de famille était toujours présente, mais surtout j’avais un peu de doute sur leur fiabilité. Enfin vous l’aurez compris mon arrivée a été un peu compliquée pour moi, mais aussi pour eux. Je restais par exemple des jours entiers dans la caravane, sur le pc en train de regarder des DVD’s et ne parlais que très peu.

Note : Il faut savoir que légalement, un jeune accueilli en famille d’accueil n’a pas l’autorisation de dormir à l’extérieur de la maison, donc encore moins dans une caravane. Mais étrangement aucune personne ni de l’ASE, ni de OXYGENE n’a dit quoique ce soit et ce jusqu’à la fin de mon séjour.

D’autre part, je suis d’un naturel très méfiant envers les inconnus, mais avec ma nouvelle famille d’accueil cela a été plus complexe : on se testait mutuellement. Le mot paraît dur comme ça, mais c’est un système qui s’est mis en place naturellement. Passé le premier mois de mon arrivée, j’ai commencé à vraiment discuter avec eux. Petit à petit, nous avions une relation de totale confiance entre nous. Jusqu’à même me laisser la maison pour quelques jours (chose normalement interdite). Évidemment mon âge a permis cela : je suis arrivé dans cette famille à peine 1 mois et demi avant ma majorité.

Pour finir, si vous remarquez la date, vous aurez compris que j’étais également dans un état assez pitoyable. Je ne me nourrissais pas encore à ce moment là.

Durant l’été qui a suivi, lors d’une soirée banale dans le jardin, nous avions un invité, un ami très proche de la famille qui se prénomme Pierre. Un homme d’une soixantaine d’années. La soirée a virée totalement sur un sujet de discussion totalement inédit pour moi.

Il me parla d’un Jésus mort sur le bois maudit pour moi, pour mes péchés afin que je sois sauvé. Que je pouvais avoir une relation avec un Dieu vivant plein d’Amour et de Bonté. Que grâce au pas que je m’apprêtais à faire, je deviendrais fils de Roi. Que ce Dieu m’aimait tel que j’étais.

La discussion a durée des heures, jusqu’à très tard la nuit, une discussion qui m’a ouvert les yeux sur mon état, et croyez-le, je n’étais pas le jeune en pleine forme qui est sage, bien au contraire. J’ai pris conscience ce jour-là que j’étais totalement perdu.

Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. (Évangile de Jean 3.16)

Je préfère dire la vérité. Je n’ai pas vécu une conversion comme on en entend parfois dans lesquelles les personnes sont à genoux en train de pleurer pendant des heures. Absolument pas. J’ai vécu une conversion, que je qualifierais plus comme une rencontre, d’une manière totalement naturelle : Je rencontrais mon Papa qui est dans le Ciel.

Mais étrangement, dès le lendemain de ma conversion, au niveau de mon cou je ressentais comme si une main était posée et ne me lâchait plus : cette sensation était un peu gênante car je l’ai eu pendant 3 mois, tous les jours à chaque heure.

Puis quelques jours plus tard, j’ai eu des terreurs nocturnes qui ont durées 4 mois. Je ne pouvais pas aller me coucher dans la caravane sans avoir une peur bleue, une peur que je n’ai plus eue depuis, heureusement.

Autant dire qu’à ce moment-là je vivais un terrible combat spirituel qui allait durer, durer, durer…

 

Chapitre 8 : Apprentissage à l’école de Dieu

Nouvellement chrétien, je me découvris une passion pour lire la Parole, ce qui ne m’était pas inconnu.

Note: J’avais été élevé dans la religion catholique, enfin si je peux dire ça. Donc je connaissais déjà la Bible que je dévorai alors que j’étais dans mon grenier. Ma mère voulait même que je l’apprenne par cœur, rien que ça.

Cependant je me posais énormément de questions sur la Fin des Temps. On en discutait régulièrement la famille d’accueil et moi, pendant des heures mêmes, donc je lisais plus le livre de l’Apocalypse. C’est un livre mystérieux, un livre rempli de trésors et qui est, malheureusement, beaucoup trop sous-estimé par les chrétiens…

Mais l’enseignement que j’ai eu avec Dieu a été plus personnel si je puis dire, entre Lui et moi, dans le secret de la chambre, durant des songes notamment.

Premier songe que j’ai reçu en tant que chrétien né de nouveau :

Il faisait nuit, sur une colline se trouvaient 3 croix ainsi que ma petite sœur, une personne que je ne connaissais pas, et moi. Les croix étaient en bois, sur le bas était entreposé des repose-pieds, et sur le côté droit et gauche des poignées de portes en forme de ronds. Une personne était en train de souffrir sur une des croix, mais je ne savais pas qui c’était. Bien qu’elle aurait pu lâcher les deux poignées, elle restait cependant accrochée, et hurlait de douleur. Puis c’est le réveil !

A mon réveil j’ai été quelque peu ébranlé par ce rêve… Il me faisait presque peur. Je suis donc allé voir ma mère spirituelle afin de lui demander la signification de ce rêve plus qu’étrange, seulement elle ne savait pas, mais elle me dit que si je priai le Seigneur pour qu’Il m’en donne la signification, il le ferait. Donc comme nous étions un dimanche, nous nous sommes rendus au culte et durant tout le message, je priai le Seigneur afin qu’Il me le révèle.

La signification je l’ai reçue quelques jours après : l’œuvre de la croix est l’unique moyen d’accès au Royaume de Dieu.

Depuis je vis ma vie de chrétien en ayant l’habitude que le Seigneur me parle au travers de songes et de visions. Il faut savoir que lorsque Dieu nous parle au travers d’un songe, on s’en souvient toujours, même des années après, on ne l’oublie pas. Sachez que, de tous les songes que j’ai reçus du Seigneur, je me souviens de chaque détail.

Je dois aussi dire que quelques temps après j’allais devoir affronter un système, comme je l’ai raconté dans les chapitres précédents, mais ce que je n’ai pas dis c’est que : sans la Présence de Dieu, et sans Ses miracles opérés, je n’en serais jamais arrivé là, c’est une certitude.

Je sais que sans la Présence de Dieu dans le bureau de l’ASE, l’inspectrice n’aurait jamais tremblé devant moi.

Il est certain que l’école de Dieu c’est tous les jours de notre vie de croyant qui nous est donnée et les enseignements qu’Il nous apporte sont d’une richesse incomparable.

Beaucoup de croyants se disent que seul le dimanche matin leur suffit, un petit message d’une heure du pasteur est largement suffisant pour eux. Mais est-ce vraiment le cas ? La réponse est non.

J’ai vécu des expériences, et j’en vis toujours, qui me montrent que Dieu est toujours fidèle avec Ses enfants, toujours.

J’ai personnellement rencontré mon Seigneur et mon Sauveur personnel durant l’été 2009, mais finalement, est-ce que Dieu a toujours été présent à mes côtés ?

Il se trouve que oui…

 

Chapitre 9 : Lorsque l’on se rend compte que nous sommes des élus

En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui. (Éphésiens 1:4)

Pour comprendre cela, il me faut vous faire remonter en 2003, l’année de mon arrivée à la MECS Longchamp.

Quelques semaines après mon arrivée, étant donné que le foyer venait à peine d’ouvrir, il y avait de nombreuses arrivées d’éducateurs, d’infirmiers et de veilleurs de nuit. Beaucoup de recrutements, mais l’un d’eux sera capital pour moi.

Il s’appelle Sébastien, un tout jeune aide-soignant d’une vingtaine (ou trentaine) d’années.

Je me souviens toujours de son premier jour, enfin de sa première nuit, car nous lui avions concocté un petit baptême à notre façon avec les jeunes présents. D’ailleurs autant que je m’en souvienne c’est bien le seul qui a subi ce que je m’apprête à vous écrire.

Notre foyer se trouvait sur un très grand boulevard, juste en face du Parc Longchamp, en plein centre ville. Très souvent, en début de soirée nous étions tous dans la rue en train de faire les 400 coups. Mais cette nuit-là, nous avions décidé de faire courir notre nouveau veilleur de nuit et c’est exactement ce que nous avons fait. Nous lui avons fait subir un carnage tel qu’il s’en souvient encore aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que c’est cette nuit-là, qu’en rentrant au foyer, un autre veilleur de nuit m’a jeté violemment avec comme résultat d’avoir un trou à la tête et un petit passage aux urgences. Sébastien le dit lui-même : il a eu la peur de sa vie ce jour-là.

Est-ce en raison de cet incident-là ou pas, quoiqu’il en soit, Sébastien et moi avons tissé un lien particulier.

A chaque fois qu’il était de nuit, il restait avec moi dans la chambre, il me lisait des livres, en l’occurrence Harry Potter, me racontait ses voyages, notamment son voyage en Martinique (ou en Guadeloupe je ne sais plus) et son fameux avion… et il me grattait la tête, ce qui avait un très grand pouvoir de me faire dormir.

Note: Je pense sincèrement être le seul jeune accueilli au foyer à avoir reçu ce traitement de faveur de sa part.

Quelques années plus tard, pour une raison étrange, je lui ai posé une question que jamais je n’avais posée à un autre :

  • Tu es de quelle religion ?

Il m’a répondu :

  • Protestante et toi ? 

Je lui ai dit :

  • Catholique.

Étant donné que la majorité des jeunes partaient dans leur famille à Noël, il m’est arrivé d’être seul, ou avec un autre jeune, durant le réveillon. Cela s’est surtout produit lorsque ma mère était retournée à Metz. Durant l’un de ces réveillons, Sébastien était de « garde » et nous avait mis le DVD « Le Prince d’Egypte ».

Quelques temps avant mon départ définitif du foyer, Sébastien et moi avons eu une discussion assez étrange. En effet, il me dit cette phrase :

  • Quand tu partiras, je partirai aussi !

Autant vous dire, que personnellement je pensais qu’il me disait ça juste pour me faire plaisir ou que sais-je.

Cependant et contre toute attente c’est effectivement ce qui s’est produit : quelques semaines après mon départ, j’ai appris par une tierce personne qu’il avait démissionné.

Vous allez sans doute vous demandez pourquoi je vous parle de ce Sébastien ? Vous allez très vite comprendre.

Revenons en 2009. Avec la famille d’accueil, nous nous rendions depuis quelques temps dans une église en plein centre ville de Marseille. Le pasteur venait régulièrement à la maison, pour partager un repas, la Parole et passer un super moment.

Alors que nous étions en pleine discussion, j’entends ce pasteur dire un nom : Sébastien C.

J’avais peur de mal comprendre donc je demande confirmation de son nom de famille, mais non, c’était bien celui auquel je pensais. Donc à la minute même je rentre dans ma caravane et tous les souvenirs me reviennent à l’esprit. Et là un mot : WHAOU !

4 ans plus tard, j’ai appelé Sébastien, pour prendre de ses nouvelles mais surtout pour lui annoncer que désormais nous avions le même Père. Et là il me révèle quelque chose :

  • Quand je suis venu au foyer, c’est parce que Dieu m’avait envoyé là- bas ; je lui ai dit que je ne connaissais absolument rien en matière de soin, et que j’y allais vraiment par Sa Grâce !

Donc je lui ai fait revivre les souvenirs qui m’étaient revenus 4 ans plus tôt en lui disant, tout simplement :

  • Tu as été l’outil de Dieu, pour moi.

Et là, pour finir dans l’incroyable, il me dit :

  • Merci de me dire tout ça, car maintenant je sais pourquoi j’étais là-bas.

Je lui ai raconté tout ce que je savais de la MECS d’aujourd’hui et de comment tout s’est dégradé après notre départ. Nous savons enfin tous les deux la vérité.

Mais quelle est cette vérité ?

Dieu, m’a mis en sécurité au foyer, et a placé un de Ses Enfants pour veiller sur moi jusqu’à mon départ. Jusqu’au moment où je ferais personnellement Sa rencontre. Tout simplement.

Cela pourrait paraître simplet, mais croyez-le ou non, c’est exactement ce qui s’est produit.

De même que le coup de téléphone raté était totalement voulu de Dieu afin que l’on me place là où je devais aller : à savoir à Salon-de-Provence, lieu qu’Il avait prévu pour moi.

Il faut aussi savoir que OXYGENE a tout fait pour que je change de famille, au point de placer des jeunes très gravement atteint au niveau psy afin de me faire péter les plombs, mais cela n’a jamais pu se produire. Je suis resté chez eux jusqu’à la veille de mes 21 ans, date limite du CJM.

 

Chapitre 10 : Et maintenant ?

Désormais, je vis à Mulhouse depuis 2012. J’ai quittés le sud de la France afin de rejoindre une communauté de chrétiens, mais pour des raisons que je ne vais pas évoquer ici, je vis plutôt en solitaire.

Dès l’été 2013, j’ai été poussé par Dieu a ouvrir un site d’information basé sur les prophéties de la Fin des Temps, ce que j’ai fait dès septembre 2013.

Suite à cela, j’ai fait quelques rencontres qui se sont toutes très mal passées, mais cependant particulièrement riches en enseignements là-aussi.

A ce jour, j’ai toujours la RQTH, que j’ai gardée, car d’après le médecin en chef du CRM en lien avec le MDPH, cette allocation est une sorte de dédommagement par rapport au vécu que j’ai eu. Par ailleurs, j’ai enfin la réponse à l’une des questions que je n’ai pas posée dans ce livre et que je vous partage maintenant : «  finalement, c’est quoi mon handicap ? » La réponse m’a été donnée et confirmée par deux médecins : mon passé !… mon passé est mon handicap !

Il est certain que je ne regrette rien de mon passé, de mon histoire, car il a m’a littéralement formé et forgé. Si j’ai voulu connaître mon histoire, c’est afin de me l’approprier et c’est désormais chose faite.

Ais-je pardonné à mes parents ? Bien sûr que oui ! Je n’en veux ni à l’un, ni à l’autre, même si je reconnais ne pas comprendre, mais finalement est-ce nécessaire ?

Il n’y a pas très longtemps, j’ai eu une discussion avec ma mère spirituelle, qui m’a dit quelque chose qui est tellement vrai :

Depuis ma naissance, et sans doute avant, on a refusé que j’existe, on a tout fait pour me détruire. On m’a écrasé comme très peu de personnes l’ont été, mais ils n’ont pas pu m’enlever quelque chose et ce quelque chose c’est l’amour.

Il faut comprendre que suite à mon vécu, j’ai développé une hyper sensibilité que très peu de personnes peuvent comprendre. Très peu de personnes arrivent à me comprendre réellement.

J’ai aussi développé un don, celui de cerner les gens. Ce n’est pas un don que j’ai reçu à ma conversion comme certains ont pu l’avoir, mais c’est un don que j’ai à cause de ce que j’ai vécu. Je peux cerner les gens juste en les écoutant parler, un don qui va de paire avec mon hyper-sensibilité.

Je ne changerais pas mon passé, ni ce que je suis pour rien au monde. Car il fait entièrement partie de moi, de mon histoire avec moi-même mais aussi et surtout avec mon Seigneur.

Mais ce qui est certain, c’est que c’est un miracle que je sois là pour écrire ces lignes et je sais que Dieu a cette parole : Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie. (Luc 15.24)

Fin


Notes supplémentaires de l’auteur

  • Pour des raisons de confidentialité, les prénoms en italiques suivis de (*), sont des noms d’emprunts.
  • Les lieux cités dans ce témoignage ainsi que les divers acronymes sont authentiques. Je ne voulais pas donner de lieux fictifs à ma propre histoire.
  • Les versets bibliques présents dans ce livre proviennent de la Bible version Louis Segond.
  • Contrairement à la version publiée dans le livre « Réveillez-vous ! Préparez-vous ! » en août 2015, j’ai souhaité raccourcir ce qui était déjà présent afin de donner davantage de nouveaux éléments en ma possession.
  • Comme déjà dit tout au long du livre, certains propos me viennent de ma mère. Cependant, le doute de la véracité de certains est possible. Je ne pourrai sans doute jamais tout savoir, mais je pense que c’est mieux ainsi.
  • Les propos tenus en italiques tout au long du livre ont été sans doute tenus différemment dans la forme, mais jamais dans le fond. Cependant, la majorité a été retranscrite tel quel.
  • J’atteste solennellement que ce témoignage est authentique et véritable. Je le publie en priant qu’il soit une source de bénédiction pour tous ceux qui le liront.
  • Pour finir, ce livre témoignage a été publié gratuitement. Si vous avez reçu ce livre (numérique) après l’avoir payé, sachez que ce n’est pas de ma volonté, sans compter que c’est illégal. Mes livres seront toujours disponibles gratuitement (en format numérique).

1Sachez que les propos présents ici sont de ma mère et ils pourraient être mensongers, cependant je le dis quand même. A force de mensonges et de beaucoup de souffrance, je ne sais plus ce qui est juste et ce qui a été inventé concernant les propos de ma mère.

2En réalité ce ne fut pas la première fois que je voyais mon père.

3Là encore une fois, je ne peux pas dire avec exactitude, que cela soit la vérité.

4Ce bar est à ce jour fermé. En 2017 je me suis rendu à Metz pour visiter les endroits de mon enfance et j’ai eu la tristesse de voir que ce bar n’existait plus.

5Ce détail m’a été connu à la suite d’une des dernières conversations que j’ai eues avec ma mère en 2014.

6Une Renault 5

7Il semblerait que le nom exact du foyer soit AMC Michel.

8Cartoon Network

9Si je dis que cette voiture est très rare ou peu connue, c’est surtout de mon point de vue, car je n’ai vu en 26 ans que 2 fois ce modèle.

10Pour ceux qui ne connaitraient pas le martinet, c’est littéralement un fouet. C’était un instrument de châtiment corporel très tendance à cette époque.

11Association SERENA

12Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique

13Institut médico-éducatif

14Hôpital de Jour – Le Relais

15A ce jour, la MECS Longchamp a changé de nom. Désormais le lieu se nomme SSSIAT: Service de Soutien, Soin, Intervention et Accueil Temporaire

16Comme précisé dans la première édition de ce témoignage, la MECS Longchamp a déménagé au moins 5 fois en 4 ans. Le premier déménagement a eu lieu pour une raison qui nous était, à nous jeunes, totalement inconnue ; Une raison politique et électorale. A ce moment du témoignage, nous étions dans notre dernière demeure, si j’ose dire, au sein même du complexe SERENA à la Panouse.

17Certificat de Formation Générale

18Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé

19Le CMJ est un contrat qu’un jeune majeur signe avec l’Aide Sociale à l’Enfance, qui l’aide à démarrer sa vie d’adulte. Le contrat doit être renouvelé tous les ans et dans celui-ci, le jeune doit expliquer son parcours mais aussi son projet personnel. Il est valable jusqu’à ses 21 ans.

20En effet, dans mon cas précis, j’en avais totalement le droit. Ceux qui doivent obligatoirement passer par cette étape, sont les personnes placées sous tutelle.

21Azote, à ce jour, n’existe plus contrairement à Oxygène.

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